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MessageSujet: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 27 Avr - 20:21

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



La mort les suivait à la trace. Depuis si longtemps qu’elle était devenue une compagne de tous les jours. La guerre était une souffrance, y compris pour les vainqueurs. Jenna en faisait partie. Oui, elle avait vaincu. A quel prix ? Le prix du sang, un tribut qu’elle était habituée à verser et qui n’en finissait plus. Elle était une militaire, une sniper et elle avait des nerfs d’acier. Mais elle avait un cœur et une âme, comme tout le monde. Ces salopards d’écorcheurs n’avaient eu que ce qu’ils méritaient. Ils avaient cependant fait tomber nombre de Louisvillois. L’enfer n’aurait donc jamais de fin ? Jenna s’en voulait parfois de ressentir ce soulagement. Je suis vivante. J’ai survécu. Monstrueuse pensée qui la renvoyait face aux visages de ceux qui étaient morts, ceux qui n’avaient pas eu sa chance. Elle devait aller de l’avant. Ne pas se retourner. Jamais. Louisville était derrière eux à présent.

La station de service délabrée était devenue leur nouveau chez eux. Un point de ralliement autour duquel le camp s’était construit. Un amas de tente plus ou moins bien agencé. La proximité était parfois insoutenable mais Jenna avait l’habitude des campements et ne s’en plaignait pas outre mesure. Le moral commençait à remonter la pente après les événements tragiques. Quel était leur but ? Survivre, rien d’autre. Oh, bien sûr, l’homme est un animal sociable et même au cœur de l’hiver nucléaire, des relations se tissent, se nouent et se dénouent.

Quelle relation entretenait-elle avec son supérieur à présent ? Aucune à proprement parler. Ils étaient… amants ? Oui, on pouvait appeler cela comme ça. Ces rapprochements faisaient du bien à Jenna et c’était tout ce qu’elle recherchait. La seule personne au courant était Marielle, son amie proche. Elle ne tenait pas à ce que cela se sache. Et cela n’avait rien à voir avec les pseudo menaces que Philippe lui avait lancé à la face la première fois qu’ils avaient succombé. Non. Elle ne réfléchissait pas trop à ce qui les rapprochait. Elle ne préférait pas. C’était physique, bien sûr. Mais n’était-ce que cela ? Jenna était une femme forte, fière, jamais elle n’admettrait ressentir plus que de l’attirance pour son supérieur si elle n’était pas certaine de la réciproque. Ce qui était loin d’être le cas.

Aussi préférait-elle prendre les choses comme elles venaient, sans trop se poser de questions. Lorsque Philippe la rejoignait, elle savourait l’instant. On verrait demain pour le reste. La soirée tombait sur le camp et Jenna revenait d’une exploration des environs sous la direction de Comet. Comet qui était toujours intéressé par elle mais leurs rapports s’étaient radoucis. Peut-être un effet de ce qu’ils avaient traversé. Le soir tombait donc sur le campement et Jenna se sentait fourbue. Elle s’était légèrement éloignée pour rejoindre le ruisseau. Personne à cette heure. Elle en profita pour retirer ses vêtements et se plonger avec délice dans l’eau fraiche. Elle fit quelques brasses mais un bruit étouffé attira son attention. Se redressant tout en masquant d’une main sa poitrine, elle lança :

Qui est là ?!





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 27 Avr - 21:50

La nuit. Soleil depuis longtemps couché. Lune masquée par un couvert nuageux de première importance. On n'y voit goutte. Je suis un fantôme. Je me glisse dans l'obscurité. Je l'ai vue sortir du camp. Elle n'était pas venue au rapport comme le voulaient les directives. Jenna n'en faisait souvent qu'à sa tête. Avait elle tué quelqu'un pour vouloir s'isoler ? Si c'était le cas, c'était quelqu'un qu'elle n'aurait pas dû flinguer. La belle, sous ses dehors sereins et confiants, était quelqu'un de relativement sensible. Comme toutes les femmes. C'était pour ça que c'était un boulot d'homme. Jenna donnait bien le change. Elle avait beaucoup tué, déjà. Mais avec de la distance. Elle était tireur d'élite de ma chère unité. C'était pas comme Comet et les autres à finir le mec au surin. Non. Elle, elle aligne. Elle vise et elle presse la détente. Une belle saloperie. Une fille douée dans ce qu'elle fait. Qu'elle ne soit pas venue me voir aiguise ma curiosité. Pourquoi ? Nous n'avons pas été ensemble depuis quelques jours, et tout mon organisme me souffle que c'est symptomatique. Je refuse de l'écouter. Bandat est mienne, mais ce n'est que du provisoire. Dans ce nouveau monde merdique, on ne peut pas s'offrir le luxe de s'accrocher à quelqu'un, affectivement parlant. Pourtant, je la suis. Je marche avec précaution. Je ne fais crisser mes pas dans la neige, et je continue de suivre sa piste à la faible lueur céleste qui parvient à traverser l'épaisse couche nuageuse. Pourquoi s'éloigne t-elle ?


Elle ôte ses vêtements, une fois près du ruisseau ? Une partie de moi veut intervenir tout de suite. Non mais elle est folle ? Avec le temps qu'il fait ? Elle veut mourir, cette conne ? Une autre partie de mon esprit ne fait qu'apprécier le spectacle de son corps qui lentement se dénude. Le haut, puis le bas. Un corps que je connais presque par cœur malgré le peu de temps passé ensemble. Elle se glisse sous l'eau, et je reste estomaqué. Il y a de la neige partout. L'épidémie guette le camp D57 et nous souffrons du manque de ressources, qui pourraient garantir notre survie. Et elle, elle gaspille comme ça, sans rien dire ? Elle va se pourrir la santé, à aller dans une eau glaciale en plein milieu de la nuit, alors que n'importe qui, comme moi mais en pire, peut la regarder ? Pire, la violenter, la blesser, la capturer et l'interroger ? Jenna ne sait pas faire preuve de prudence. Je m'avance au bord de l'eau, toujours sans faire aucun bruit. Elle m'entend malgré tout ; Jenna est une fantôme. Comme Comet.Comme nous tous. Elle se redresse et masque tant bien que mal son corps, alors que je la regarde, sous la visière de mon casque et la désapprobation qu'affiche mon visage. Possessif ou jaloux, en pleine incompréhension autant que taraudé de désir, je lui balance;



| Mais putain Bandat, qu'est ce que tu fous là ? A poil dans la flotte alors que dehors il fait quoi ? Moins dix ? Tu veux mourir, c'est ça ? Putain, sors de l'eau et rhabilles toi. C'est n'importe quoi ! On n'a pas idée de faire un truc aussi con! |


Je ne veux surtout pas que Bandat attrape mal. Elle est notre sniper, notre meilleur tireur. Elle n'a pas idée. On a tous vu TF1 en hiver, nous montrant l'image de ces ruskovs en maillot de bain se baigner dans leurs putains de fleuves gelés en faisant style qu'ils ressentent pas le froid. Ben Bandat c'est pas une Ruskov, et ce putain de ruisseau peut la tuer. Je retire ma veste, tirant dun coup sec sur ma fermeture pour accélérer le mouvement. Je tend ma veste devant moi, pour pouvoir la sécher et la réchauffer autant que possible une fois qu'elle sortira de l'eau.


| Mais putain, qu'est ce qu'il te passe par la tête! Viens là, avant d'attraper la mort, soldat! |



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 27 Avr - 23:46

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



La température est glaciale, le vent lançant milles pointes acérées sur la peau. Et pourtant, Jenna se laisse glisser dans l’eau froide qui enserre sa poitrine, provoquant une douleur salutaire. La souffrance, seule chose qu’elle arrive encore à ressentir semble-t-il. Cette douleur qui lui vrille les tempes, fait accélérer son rythme cardiaque et sa respiration. Sans être maso, elle se sent vivante. Douloureusement vivante. Les nerfs à fleur de peau. La mort est comme cette eau, froide et glacée. Et Jenna lui a survécu. Mais le froid engourdit son être. Ca finit par être doux. Une douceur et un calme attirant, reposant. Elle comprend ces soldats qui se laissent glisser et sombrent dans les bras de la Mort. Le froid repose. Engourdit. Endort. Ce n’est pas son genre d’abandonner. Mais en cet instant, elle peut comprendre ce qu’on ressent. Son esprit est cependant en ébullition. Pourquoi a-t-elle fait ce détour ? Elle sait pertinemment qu’après chaque mission, elle doit faire son rapport à Raulne. Oui, mais… Oui mais là, elle a envie d’être un peu seule. Elle n’a pas envie de le voir, c’est aussi simple que ça. Pourquoi ? Bonne question. Peut-être pour ne pas ressentir cette violence de sentiments qu’il lui inspire qui mêle désir et bien plus. Non, elle veut être tranquille, bordel. C’est aussi simple que ça. Mais apparemment, c’est encore trop simple pour certains. Elle a entendu un bruit, elle est une fantôme après tout, et elle se redresse malgré le froid, prête à regagner la berge.

Son regard tombe alors sur une forme. Une forme qu’elle reconnaît aisément. Raulne. Ainsi donc il l’a suivi jusque ici. Pour quelle raison ? La reluquer ? Ca ne l’étonnerait pas outre mesure. Mais son visage, malgré un éclair de désir dans ses yeux, reflète plutôt une colère à peine retenue. Jenna est une grande fille, une militaire de formation, il n’est pas trop difficile de comprendre la raison de la colère de son supérieur avant même qu’il ouvre la bouche. Et Jenna ressent la colère la submerger à son tour. La fusillant du regard, Raulne, comme à son habitude, la secoue verbalement et la somme de sortir de l’eau et de venir se rhabiller sous peine de choper la crève. Jenna sent la fureur sur le point d’éclater. Ok, ils se voient lorsqu’ils en ressentent le besoin. Oui, elle ne peut pas le nier qu’elle commence à s’attacher à lui alors que c’est une belle connerie et qu’elle ferait mieux de s’abstenir. Mais de là à ce qu’il régente sa vie sous prétexte d’autorité, ça non. Les lèvres pincées sous l’effet de la colère, Jenna abandonne sa pudeur et ressort de l’eau sans plus cacher sa nudité, la fureur la nimbant, vibrante. Ecartant les bras, elle éclate :

QUOI ?! Qu’est-ce que ça peut te foutre que je crève ou pas ? C’est encore ma vie que je sache, non ? Je suis pas suicidaire, je sais ce que je fais !!! Si tu es venu pour te rincer l’œil, vas-y et fous moi la paix !

Sa peau est rosie par la température glaciale et le vent la fait frissonner. Raulne a retiré sa veste et la lui tend. Après un bref instant d’hésitation où son ego pèse le pour et le contre, elle finit par faire quelques pas et se laisse entourer par le lieutenant qui tente de la réchauffer. Cet espèce de gros balourd en est presque touchant. Ouais, Jenna est peut-être injuste avec lui. Elle ne pense pas sincèrement qu’il s’est déplacé là juste pour la mater, non. Il prend soin d’elle, à sa manière de lourdaud. Mais elle n’a pas envie d’être compréhensive. Jenna hausse les épaules.

Je me sentais dégueulasse à crapahuter toute la journée avec cette putain de neige qui se transforme en boue. J’avais besoin de me laver et je me fous de la température qu’il fait. Tu veux me foutre au trou pour ça ?

Le désir se mêle à la colère et elle le dévisage avec provocation.





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Lun 28 Avr - 15:55

La jeune femme abandonne toute retenue en me regardant. Elle me dévisage carrément en fait, d'une fureur tout juste contenue. Elle ne semble pas super enchantée de mes réfléxions... Mais c'est tant pis. Je suis son supérieur et elle se doit de m'obéir. Jenna me lance ce regard dont elle a le secret, au moment précis où ses yeux se rivent sur moi comme deux missiles ATGM et s'apprétent à m'envoyer ad patres. Je n'en démords pas, et je suis loin d'accepter ça. Qu'elle fasse sa petite crise de rebéllion, ok. Mais en interne. Moi je me fiche pas mal de ses états d'âme à cet instant précis. Mon sniper sait que toute négociation sera difficile voire impossible. Elle sort donc de l'eau, et malgré le faible éclairage venu du ciel, je me prends à frissonner. Ce n'est pas que j'ai froid ou quoi, non, pas à cet instant précis. A ce moment bien particulier, je ne peux pas m'empêcher de désirer ce corps. Plus petite que moi, la jolie brune a un visage aux traits délicats et un regard dans lequel couve un feu qui jamais ne s'éteint. Tout en forme, elle n'a pas la taille d'une pin up d'avant guerre. Elle ressemble aujourd'hui bien plus à ces mannequins qui s'affamaient. Déjà bien peu charnue, Jenna est devenue plus mince encore après ses blessures et les privations de l'exode. Elle n'en reste pas moins désirable, et foutrement bien foutue. En sortant de la flotte, la belle ne frissonne pas mais j'ai froid pour elle, et je vois distinctement les tissus cicatriciels sur son ventre, dûs à une blessure qui aurait pu être fatale par un tir de fusil de chasse à bout portant. Etrangement, cette cicatrice et les autres, de menues traces d'anciennes plaies et lacérations, rendent son apparence plus dure, plus dangereuse. Et elle n'est jamais aussi belle que quand elle est furieuse comme à cet instant précis. Je pars d'un rire dur, dénué de joie.


| Arrêtes ton char soldat, je suis pas venu pour te mater. Arrêtes un peu de jouer à la plus conne et rhabilles toi, c'est complètement stupide de se baigner par un froid pareil à moins que tu veuilles aller bouffer les pissenlits par la racine. Je pense pas que ça soit le cas, si? |


Bien sûr que non. Bandat est une survivante depuis toujours. Elle a évolué dans un univers d'hommes, fait de dangers plus ou moins mortels et elle s'en est toujours tirée. Pas toujours indemne, mais elle sait ce qui est nécessaire pour survivre. La belle frissonne enfin sous l'effet du froid qui l'étreint de toutes ses forces, et qui va la tuer rapidement si je reste planter là. Bien sûr, la beauté est furaxe et ne veut pas de mon aide, mais nous savons tous les deux que son fameux instinct de survie va la forcer à hisser le pavillon blanc. On ne se refait pas... Jenna se rapproche et je l'entoure de mes bras, l'essuyant grossièrement avec ma veste et l'entourant de ce tissu lourd et sec qui la protègera du froid. Et elle me lance ce regard, oh seigneur, ce regard qui à chaque fois réveille quelque chose en moi. Je n'en montre rien et soutien la tension de ses yeux qui me dévisagent. Je soupire.


| Non, je veux juste que tu ramasses tes fringues, que tu te rhabilles et qu'on aille se réchauffer, sinon on va crever. Je vais pas te foutre au trou pour ça, mais je préfère que tu gardes ces moments où tu te déshabilles pour ceux que tu passes sous ma tente. On est d'accord là dessus? |



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Lun 28 Avr - 22:34

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



La colère et le froid font rosir sa peau. Elle n’aura donc jamais la paix ! Pendant quelques secondes, en entendant ce faible bruit, elle doit bien admettre qu’elle a pensé au pire. Des écorcheurs qui la retrouvaient et c’en était fini d’elle. Ou au moins, elle ne les laissera pas la prendre vivante. Mais ces pensées macabres s’évanouirent à l’instant même où elle reconnut son lieutenant. Jenna n’avait nullement changé d’attitude vis-à-vis de Raulne, malgré leur relation tumultueuse. Il était son chef, elle le saluait comme à l’accoutumée, elle suivait ses ordres comme toujours. Mais la nuit tombée, elle était bien différente… Elle ne tenait pas spécialement à ce que le camp soit au courant et pourtant, dans une telle proximité, garder ces rapprochements secrets relevaient du challenge. Mais pour l’heure, personne ne semblait au courant. Le regard furieux, elle plonge ses yeux noisettes chargés d’électricité dans ceux de Raulne. Terrible dans sa nudité, elle ne peut s’empêcher de remarquer ce regard qui la caresse, la touche du bout des cils. Un long frisson lui parcoure les reins et cela n’a plus rien à voir avec le vent froid. Mais la colère, au lieu d’étouffer cette sensation, semble la décupler. Ils sont tous les deux des tarés de l’adrénaline. Les cicatrices qu’elle arbore ne lui ont jamais vraiment posé problème, elle a appris à vivre avec, même si elle se considère comme tout sauf belle et désirable. Ce qu’elle aime avec Raulne, c’est que ses yeux et ses mains lui hurlent le contraire. Elle n'avait pas ressenti cette ivresse depuis si longtemps que cela lui semble une éternité. Oh, bien sûr, elle ne fait pas la grossière erreur de se considérer amoureuse. Non. La question ne se pose pas. Elle désire l’homme, et peut-être plus. Mais ce plus n’est pas envisageable, un point c’est tout. Sous d’autres cieux, en d’autres temps peut-être. Dans un monde où la guerre et la mort ne seraient pas omniprésents. Mais ce qu’elle sait au fond d’elle-même, c’est qu’elle donnerait sa vie au combat pour celle de Raulne. Et qu’elle préférerait crever que de l’admettre. Le rire de Raulne accentue sa colère.

Non, c’est pas le cas. Tu n’es pas venu pour mater ? Bien dommage, tu ne sais pas ce que tu perds. Ah, suis-je bête, bien sûr que si, tu le sais.

L’ego la pousse à lui dire d’aller se faire foutre. Mais elle sait ce qu’est survivre. Si elle reste plantée là, elle risque d’attraper une pneumonie. Ou pire. Après avoir hésité, elle fait donc quelques pas en avant et Raulne l’entoure de ses bras en déposant sa veste en même temps sur son corps. Pendant une fraction de seconde, elle se sent envahie de chaleur, le corps blotti contre celui du lieutenant qui la frictionne grossièrement. Pendant une fraction de seconde, elle se sent juste bien, terriblement bien. Elle se sent enfin chez elle, d’une certaine façon. Difficile à expliquer. Mais lorsqu’elle relève la tête, c’est un regard provocateur qu’elle pose dans celui de Raulne. Elle frissonne et resserre les pans de la veste autour d’elle. Philippe soupire et les paroles arrachent un sourire amusé, presque tendre sur les lèvres de Jenna. Elle baisse la tête, en signe d’acquiescement.

Je vois. Tu préfères garder mes fesses pour toi seul. Je vais chercher mes affaires.

S’écartant d’à peine quelques mètres, elle se penche et ramasse ses affaires, retirant temporairement la veste de Raulne pour remettre ses sous-vêtements et son treillis. A nouveau sanglée dans son harnachement, elle rejette ses cheveux mouillés en arrière et se frictionne les bras de ses mains. Fait pas chaud.

Bon, puisqu’on ne peut plus rien faire sans ton accord, mon lieutenant m’autorise-t-il à rejoindre sa tente privée pour me réchauffer ?

Le sourire malicieux de Jenna ponctue cette demande tout sauf anodine.





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mar 29 Avr - 20:22

[J'ai un peu anticipé, dis moi si ça te conviens!]


Les choses s'arrangent ici, avec le temps. Je n'ai à m'inquiéter dans l'immédiat que d'une femme un peu trop chtarbée qui a eu l'excellente idée d'aller se baigner toute nue dans un ruisseau qui, par miracle, n'était pas encore gelé. Ce qui ne saurait sans doute tarder, vu que le froid a tendance à forcir depuis plusieurs jours. Cette femme est nue et je sais que je peux faire à peu près ce que je veux d'elle. Pour la punir, je peux même avoir recourir à tout un ensemble de trucs salaces qui ne seraient pas pour me déplaire. En fait, cette soirée a un goût de nouveauté dans ma bouche, et un goût d'ancien à la fois. La paix. Rien d'autre à se préoccuper que de sa santé et des gens qui nous sont proches. Même si avec moi, les gens qui me sont proches ne le sont jamais vraiment, mais ça c'est un autre problème. Un mois plus tôt, je manquais de me faire crever à coups de surins dans un endroit que j'en venais à abhorrer, sachant selon toute évidence que j'allais pas tarder à crever de faim, de froid ou de maladie, avec des types abominables qui essaient de m'équarrir d'une bien déplaisante manière avant tout autre risque de mort. Oui, même si je suis en colère devant l'attitude plus que stupide de Jenna, je relativise. Finalement, tout va bien. Les choses pourraient aller mieux, mais cet intermède, cet œil du cyclone dans lequel nous nous trouvons, arrivera bientôt à terme. Et à ce moment là, tout le monde souffrira. D'une manière ou d'une autre. Alors, je regarde la femme, et je me force à me calmer un peu. Je souris à ses paroles. Elle aime bien jouer de ses charmes sur moi, parce qu'elle sait très bien quels effets ils ont sur moi.


| Et alors ? C'est pas parce qu'il y a vue plus dégueulasse que toi que t'es la Reine de ce trou, petite prétentieuse. |


Taquinerie gratuite qui n'est rien de plus qu'une tentative de détendre un peu l'atmosphère ; je crois qu'elle a déjà compris, vu comment je m'en étais pris à elle, qu'elle avait outrepassé les limites. Bandat est comme ça. Elle a besoin parfois d'un rappel à l'ordre pour redevenir le soldat discipliné qu'elle est en temps normal. Cependant, quelque chose change chez elle, depuis quelques semaines. Depuis sa blessure. Elle est quelque part plus douce qu'auparavant, comme si le fait d'être passée si près de la mort lui avait rendu conscience que ce qu'elle avait et que ce qu'elle pouvait avoir n'était qu'éphémère. On en est tous là aujourd'hui. Je ne sais pas quel air arbore ma maîtresse en acquiesçant et en s'éloignant. Vaguement satisfait, comme si elle était contente que je considère que son corps était à moi. Je ne savais pas pourquoi, mais ce genre de constatation me remettait sur la défensive et m'amenait à proximité de mes retranchements. Pourquoi les choses doivent elles perpétuellement se compliquer ?


| Fais vite. |


Un ordre autant qu'un conseil. Même si je suis capable de mentir de façon éhontée avec un aplomb de tous les diables, mieux vaut ne pas tenter ma chance... Je regarde Jenna, même si je m'efforce d'aller regarder ailleurs. J'ai pas envie qu'elle croit que je la désire trop, même si ce corps dénudé en train de se rhabiller éveille chez moi bien des idées. Bandat termine de se fringuer, et je vois à son teint pâlot qu'elle porte déjà les séquelles de sa petite baignade. Je dois aller la réchauffer, et vite.


| Seulement si tu sais y arriver sans te faire remarquer, fantôme. |


Et je la plante là, me détourne d'elle après avoir repassé mon fusil en bandoulière, et rentre au camp. Il me faut un moment pour y arriver dans la neige et l'obscurité difficiles à percer. A plusieurs reprises, j'entends de légers bruits distants, signe que Bandat a relevé le défi. Après tout, nous ne pouvons pas être vus ensemble. Mon autorité repose sur la discipline, et s'envoyer en l'air avec une subordonnée ruinerait beaucoup de ma légitimité. Je salue les gardes au post Est, et je chemine dans le camp. Une fois arrivé à ma tente, je jette mon pare-balles et ma veste sur mes caisses et rallumes avec un chouïa d'essence et de bois sec, le feu sous le tas de pierres que j'ai installé près de la porte. Les pierres chauffent et craquent, mais elles empêchent de diffuser trop de lumière et cela permet de garder pas mal de chaleur à l'intérieur. L'inconvénient, c'est qu'il faut stocker un peu de bois, mais ce n'est pour le moment pas un problème. Le tout est de conserver qu'un petit foyer pour ne pas risquer l'incendie. Jenna est longue. D'un coup, je me demande si j'ai pas été le dernier des abrutis de lui imposer cette marche seule dans ses conditions...



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mar 29 Avr - 22:51

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



Le calme après la tempête, c’est ainsi qu’on pourrait appeler leur présent. Une absence de tension qui rend Jenna perdue. Non pas qu’elle n’apprécie pas ce retour à un semblant de paix, loin de là. Mais elle a vécu pendant tellement de mois dans la peur d’une attaque, l’inconnu, qu’elle ne savait plus ce que cela fait. Elle part en exploration chaque jour, autour de la station et elle est constamment sur ses garder, naturellement. Mais quelque chose a changé fondamentalement. Une période de répit et dieu sait qu’elles sont brèves et courtes. Jenna n’a jamais été le genre de femme à se prendre la tête. Croquer la vie à pleines dents, ou du moins ce qu’il en reste. C’était sa façon également de voir sa relation avec Philippe. Elle le désirait, appréciait sentir sa peau contre la sienne. Pour le reste, pas besoin de réfléchir et de se prendre la tête quand on pouvait mourir le lendemain. Chacune de leurs étreintes avaient été passionnée, brutale. Mais en ces temps de paix, la douceur semblait s’installer. Comme un baume sur des blessures trop souvent malmenées. Jenna n’avait pas non plus l’habitude de ressentir cela. Elle prenait les choses comme elles venaient. Et cette nouvelle émotion lui donnait parfois l’impression d’apprendre une langue étrangère. Certains mots ne voulaient encore rien dire, il fallait qu’elle se répète leur signification pour finir par les apprendre. Jenna n’était pas naïve et elle savait que tout n’était que temporaire. Rien n’était jamais acquis. Le regard de Raulne était toujours fixé sur elle mais semblait s’être radouci. Son sourire généra une décharge d’adrénaline dans le corps de Jenna. Il allait finir par devenir sa drogue. Bonjour les effets secondaires. La remarque de Philippe la fit sourire plus largement encore.

Je ne me prétends nullement la Reine du coin. Je suppose juste que tu n’aurais pas choisi la plus dégueulasse. Si on peut dire que tu as choisi…

C’était étrange et pourtant si naturelle. Les piques étaient toujours échangées mais d’une manière différente d’auparavant. La tension sexuelle était palpable entre eux avant. A présent elle existait toujours mais il y avait autre chose. Peut-être de la complicité ? De la tendresse ? Elle ne savait pas comment l’appeler et elle s’en foutait. Elle aimait toujours le titiller mais cela avait changé. Une forme de douceur chez la sniper au caractère de feu ? Peut-être le fait d’avoir failli crever. Et pourtant, ce n’était pas la première fois. Jenna avait eu un sourire légèrement satisfait à la remarque du lieutenant. Oui, il avait un petit côté possessif qui la flattait, elle ne pouvait le nier, en même temps qu’il l’agaçait. Elle n’avait jamais aimé être un objet. Elle n’allait pas commencer maintenant. La militaire s’était éloignée de son supérieur pour rejoindre l’endroit où ses affaires étaient posées. La voix de Raulne lui intima l’ordre –ou le conseil ?- de faire vite.

Pourquoi ? Tu n’aimes vraiment pas me voir nue ? Ou tu as peur pour moi ?

Oui, oui, le jeu continuait et cela amusait toujours autant Jenna de jouer avec les nerfs de Raulne. Elle sent parfaitement le regard du lieutenant posée sur elle. Amusée, sourire aux lèvres, elle se rhabille sans trop traîner. Elle doit admettre que sa peau a la chair de poule et qu’elle doit impérativement se réchauffer. La question qu’elle lui a posée est tout sauf innocente. La réponse de son supérieur ne se fait pas attendre. Un défi ? Elle adore ça et il le sait. Elle est comme lui, c’est l’adrénaline qui la shoote et la fait se sentir vivante. Evidemment qu’elle ne va pas renâcler devant l’obstacle.

Pari tenu, chef.

Philippe fait demi-tour et prend le chemin du camp sans plus s’occuper d’elle. Elle est une grande fille. Le message est clair. Cap ou pas cap ? Ca lui rappelait vaguement un film sur deux adultes jouant à des jeux de gamins. Jeux d’enfants, ça s’appelait, un truc comme ça. Jenna laisse Raulne prendre de la distance et lui emboîte le pas, frissonnante malgré sa tenue plus chaude. Ses lourdes rangers s’enfoncent dans la neige épaisse tandis qu’elle avance contre le vent, sans faire quasiment le moindre bruit. On n’est pas fantôme pour rien. Un rude entraînement lui a appris à faire corps avec la terre et les éléments afin de ne jamais être prise au dépourvu. Naturellement, Raulne doit certainement percevoir sa présence. Arrivée devant le camp, elle salue les gardes à l’entrée et prend un chemin détourné pour rejoindre dans l’ombre la tente de Raulne, passant dans la direction où se trouve sa propre tente pour éviter les curieux. Se coulant dans les zones d’ombres, elle prend son temps, s’assurant que personne ne la suit. Ca lui plait. Mais elle frissonne de plus en plus et son corps semble engourdi. Elle se glisse silencieusement sous la tente du lieutenant. Un petit feu flambe et Jenna sourit, tendant avidement ses mains glacées vers le feu. Elle tourne son regard provocateur vers Raulne tout en se rapprochant de lui.

J’ai gagné il me semble. J’ai gagné quoi comme prix ?





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mer 30 Avr - 21:22

Je ne répondais pas plus avant à Jenna, pour ne pas lui donner l'impression de rentrer dans son jeu et surtout pas pour flatter son égo qui à son tour servirait son arrogance... Une vingtaine de minutes plus tard, je suis de retour dans ma tente, et mon défi a eu l'effet escompté. Mais je m'inquiète. Parce que pour rire, en pensant à rien d'autre qu'à la beauté du jeu, j'ai pensé que je pouvais mettre en danger l'un de mes soldats. Je me fustige mentalement. C'était imbécile et puéril, et Jenna est peut être en train de mourir de froid, payant le prix fort de mon immaturité et de ma stupidité. Je m'apprête presque à aller à sa recherche quand la jeune femme finit par pousser les rabats de la tente sans un bruit pour se faufiler à l'intérieur. Son arrivée me fait battre mon cœur plus rapidement, comme à chaque fois que je suis surpris. Et je ne peux pas cacher que je suis soulagé aussi... Son regard n'a pas changé mais sa couleur de peau se fait plus pâle encore, et je la vois grelotter doucement. Je la contourne alors qu'elle se rapproche du feu, et je tire sur les cordes des deux rabats pour fermer la tente et empêcher toute intrusion. Enfin... Disons, pour limiter leur portée. Un type avec un objet tranchant arriverait à entrer rapidement, mais je le verrais venir et pourrais alors me préparer. Et puis peu importe. La toile est cirée ; personne ne pourra donc nous voir et je compte sur nos gardes en faction autour du camp pour éviter toute infiltration ennemie... Je noue solidement les attaches et me retourne vers la jeune femme. Je passe dans son dos, et heureusement ses vêtements sont secs... Mais son corps est trempé, et par endroits couvert d'une fine épaisseur de glace... C'est ça de ne pas pouvoir bien se sécher...


Calant mon torse contre son dos et mon bassin contre le bas de son corps, je l'enlace doucement, l'embrassant doucement mais non sans fièvre dans le creux du coup, alors que je lui défais son pare-balles, sa veste, et déboutonnes son pantalon. Je laisse glisser ses vêtements sur le sol, laissant son corps dénudé dans le froid... Mais plus à même de se réchauffer rapidement à proximité du feu. Je m'éloigne une seconde avant de revenir avec les bras chargés de mes couvertures, que je jette sur ses épaules. Il y a des tapis de moquette sur le sol. Pas le grand luxe, mais un peu plus que le sol le plus dur. Je l'embrasse à nouveau, à pleine bouche, et laisse mes mains vagabonder sur son corps tout entier.



| Laisses moi chercher un peu, je suis sûr que je vais trouver quelque chose à la mesure de ta bravoure, sniper. |


Mutin, je glisse une mains dans mon dos pour attraper quelque chose hors de sa vue, alors que je l'embrasse si intensément maintenant qu'il ne fait nul doute de l'idée que j'ai en tête. Pourtant, je me détache d'elle et lui présente l'assiette de céramique, avec un peu de fromage dur et du pain encore relativement frais, fait avec des réserves de grain trouvées dans une coopérative agricole.


| C'est cool comme récompense, non ? Allez, pour saluer ton imagination, je suis même prêt à te faire des tartines grillées au fromage fondu. |


Je lui envois un sourire franc, ouvertement satisfait.


| T'as quand même pas cru que j'allais te sauter dessus comme ça, te donner chaud à en crever alors que t'as failli crever de froid y'a cinq minutes. |


La dernière fois que je refusais du sexe à une belle femme pour la nourrir de mes propres mains... Non, Phil. N'y pense pas. T'as fait ton choix. Sa survie à elle, et à toi. Et Bandat est là, tout près... Son corps chaud, son esprit rebelle...



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Jeu 1 Mai - 16:46

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



Le gros problème de Jenna avait toujours été son ego. Oh, elle savait le mettre de côté quand il s’agissait du boulot, et elle respectait sa hiérarchie. Mais dans la vie privée, elle avait toujours beaucoup de mal à en faire abstraction. Alors quand on lui lançait un défi, elle le relevait souvent. Question d’honneur. De jeu aussi en l’occurrence. Elle avait donc suivi Raulne à distance, appliquant à la lettre l’entraînement qu’elle avait reçu. Un entraînement conçu pour la faire devenir véritablement un fantôme. Imperceptible par le commun des mortels. Une ombre et une menace planante. Une ombre peut-être mais une ombre frigorifiée qui commençait sévèrement à grelotter. Elle arrive finalement à son but, la tente de Raulne. Lorsqu’elle se glisse à l’intérieur, après avoir soigneusement vérifié que nul ne l’a vu ou suivi, elle tombe sur Philippe qui semble surpris. Elle sourit, amusée d’avoir réussi à berner le lieutenant lui-même. Se rapprochant du feu, Jenna tente de se réchauffer mais sa peau est encore humide. Raulne la contourne, effleurant sa peau au passage ce qui arrache un frémissement à Jenna. Elle entend les bruits qui indiquent qu’il ferme la tente. Son cœur accélère violemment, comme si Raulne avait fermé à clef une chambre dans laquelle ils étaient. Cela en disait long sur ce qu’il avait dans la tête. Elle garde le regard fixé sur les flammes, et elle sent soudain le lieutenant se coller à elle. Une vague de chaleur l’envahit, bien plus puissante que celle que le feu peut générer.

Les bras de Philippe se referment sur elle tandis que les lèvres de son supérieur se nichent contre la peau de son cou. Jenna ferme les yeux. Des frissons parcourent tout son corps. Les baisers de Philippe sont doux, étrangement doux, bien que passionnés. Et elle ne peut nier qu’elle adore ça. Elle a l’impression d’être entourée, environnée de chaleur et de tendresse. Une autre forme de plaisir qu’elle n’a jamais ressenti. Jusqu’à présent, leurs rapprochements, bien que passionnés s’étaient révélés brutaux, sensuels. La douceur s’était insinuée, sans même qu’ils s’en rendent compte. Les mains du lieutenant s’activèrent et défirent son gilet pare-balle en même temps que sa veste. Jenna se mordit la lèvre tandis que Raulne finissait de la dénuder. Les flammes du feu la réchauffèrent agréablement. L’homme s’éloigne avant de revenir quelques instants plus tard avec des couvertures qu’il pose sur ses épaules. Jenna lui sourit tandis qu’elle resserre les pans du tissu sur ses épaules, savourant cette chaleur qui l’environne de même que celle, bien coupable, qui s’est répandue en elle suite aux caresses du militaire. Mais le lieutenant n’en reste pas là. Se rapprochant d’elle, il l’embrasse avec passion. Jenna répond, ses mains glissant le long du coup de Raulne, caressant la nuque et remontant sur ses joues. Elle n’a pas envie que ça s’arrête. Jamais. Elle sourit à sa réponse.

Je fais confiance à ton imagination sans limite…

Un sourire mutin apparait sur les lèvres de Raulne qui enflamme littéralement l’esprit de la belle. L’embrassant à nouveau, il tend le bras derrière elle. Mais elle n’en a que faire pour le moment. Le baiser est ardent mais doux. Nul besoin d’être devin pour savoir ce qu’il a en tête. Et pourtant, quelques secondes après, Philippe s’écarte d’elle et lui présente une assiette de victuailles. Enfin, victuailles est un bien grand terme. Mais à l’heure d’aujourd’hui, il s’agit d’un véritable trésor. Jenna en salive déjà.

Je devrais venir dans ta tente plus souvent ! Oh, des tartines grillées, je ne dis pas non. Quel festin, la vache ! C’est une récompense qui dépasse mon action. Tu ne voudrais pas que je devienne ton débiteur par hasard, hum ?

Un sourire taquin joue sur les lèvres de la jeune femme.

J’avoue que l’espace d’un instant, j’y ai cru. Mais je sais que ce n’est qu’une question de temps, mon cher lieutenant. Tu ne résisteras pas, tu verras. En attendant, à table !

Toujours enveloppée dans sa couverture, Jenna s’assoit à même le sol, la tente du lieutenant étant recouverte d’un tapis de moquette, devant le feu. L’odeur du fromage fondu se répand rapidement, et l’estomac de Jenna se met à gronder de fureur. La tartine que lui tend Raulne est un délice. Le fromage fond dans sa bouche, le pain croustille, le bonheur. Jenna se rapproche de Raulne, collant sa cuisse recouverte du tissu épais contre celle de Philippe. Elle lui adresse un sourire.

Merci pour cet excellent repas.

Puis, elle se penche, posant sa main sur le côté du cou et attirant les lèvres de Raulne contre les siennes dans un baiser tendre et sensuel.





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Jeu 1 Mai - 22:40

Je sens que la jeune femme n'est pas indifférente ni à ma proximité ni à mes caresses, et son corps se tend de la plus délicieuse des manières alors que je la réchauffe doucement par une succession de petites attentions. On ne peut pas dire que je me comporte comme un amoureux, avec elle. Nous sommes amants. Deux âmes en peine qui passent du bon temps à l'occasion. Je ne peux pas dire que Bandat m'attire plus qu'un simple plan cul, qu'un unique one shot, mais je me refuse à faire quoi que ce soit de plus et à penser plus aussi, d'ailleurs. Et je me maîtrise très bien. L'erreur Eléanore m'aura servi de leçon. Je dois aussi penser à continuellement rappeler les limites à Bandat pour ne pas retomber dans les mêmes travers et nous protéger. Maintenant que nous partageons quelque chose, le sniper et moi, je ne voudrais pas qu'elle meure stupidement parce qu'elle pense un peu trop à son lieutenant et pas assez à son devoir ou à son nombril. Ne pas avoir de sentiment c'est bien mieux pour tout le monde dans ces circonstances. Ca évite l'attachement trop fort et les pertes inutiles. Un jour, si les choses vont mieux et que nous sommes encore en vie... Pourquoi pas. Mais pas maintenant. Pour l'instant, je me contente de partir en vrille avec une camarade, une fille au tempérament de feu qui veut brûler avec moi. La belle me caresse les joues et la nuque de ses doigt, alors que nous nous embrassons avec fougue.


Je présente à manger à ma subalterne et elle semble totalement sous le choc, mêlant plaisir et frustration mais je sais combien elle a faim. Comme nous tous. Nous mangeons parfois à notre suffisance, dans ce camp. Mais nos repas ne sont jamais équilibrés et nous sommes nombreux à souffrir de carences plus ou moins importantes, plus ou moins graves. La fille se fait plus exaltée à la perspective de se remplir un peu le ventre. Festin?



| N'en fais pas trop. Y'a que fondu pour le fromage et grillé pour le pain que ça se mange, sinon tu te casses les dents dessus pour un truc bien moyen. Mais c'est mieux que rien... Pour la dette, si y'avait que celle là qui courait... |


Bien sûr, je la taquine. Nous nous sommes mutuellement sauvé la peau à plusieurs reprises et on ne peut pas dire que l'un est plus débiteur que l'autre. Nous sommes simplement... Proches ? Plus proches que nous le devrions en tous cas, ça c'est certain. Mais cela fait un bien fou... Elle se fait plus aguicheuse alors que je pose des bouts de fromage coupés au crève cœur sur des bouts de pains, et que je les pose sur une vieille grille de métal posée par dessus les pierres.


| C'est ça oui. En attendant, c'est toi qui vient réclamer... |


On se jette littéralement sur la nourriture, qui nous brûle le bout des doigts mais nous assumons cette mince souffrance en comparaison du profond réconfort que nous procure la chaleur d'une nourriture grillée et fondu. Le pain craque sous nos dents tandis que nous engloutissons tout ce que j'ai mis à chauffer. La nourriture du soldat est souvent frugale. C'est le cas ici. Aucune préparation, économie de temps et de moyen. De quoi avoir dans le ventre juste ce qu'il faut pour continuer la mission. Jenna me sourit et me remercie, avant de me prendre entre ses mains pour m'embrasser doucement, avec une certaine langueur toute sensuelle.






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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 4 Mai - 0:33

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut



L’influence qu’avait Raulne sur elle était certaine. Ces caresses la rendaient folle littéralement. Les attentions de Philippe la touchent, elle ne peut pas le dire le contraire. Mais elle n’imagine pas une seule seconde que tout ceci soit motivé par des sentiments particuliers. Une certaine forme de complicité peut-être mais pas plus. Après tout, ils étaient amants. Cela n’empêchait pas certaines attentions. Cela la touchait donc et l’agaçait du même coup. Elle aimait ces petits gestes. Et elle n’aimait pas dépendre de qui que ce soit. Jenna avait toujours envoyé bouler les hommes qui tentaient de l’aider, de la prendre pour plus faible qu’elle n’était. Alors pourquoi est-ce qu’elle ne le rembarrait pas en cet instant ? Elle était seulement bien, pas besoin de chercher midi à quatorze heures ni de tergiverser. Nul besoin de faire entrer des quelconques sentiments amoureux là-dedans. Jenna avait déjà réfléchi à la situation. Elle devait faire son job. Et sauver sa peau. Si elle pouvait sauver celle de Raulne avec la sienne, tant mieux. Sinon tant pis. Et si le lieutenant lui donnait comme ordre de se barrer et de le laisser crever, elle savait qu’elle devrait le faire. Mouais. Bref, elle n’allait pas se casser la tête. Raulne était un bon amant, elle ne voyait pas plus loin. Ils pouvaient crever demain ou dans une semaine. Pourquoi réfléchir plus loin que le plaisir qu’ils partageaient sur l’instant. Et en cet instant, seules les lèvres de Raulne sur les siennes comptaient.

La nourriture était un luxe que dans le camp. Bien sûr, ils avaient à manger mais les portions étaient rationnées et la qualité laissait grandement à désirer. Jenna avait déjà senti la faim mais à présent elle devenait une compagne du quotidien. Elle avait appris à l’ignorer, à ne plus penser à cette contraction de son ventre. Elle sourit à la remarque de Raulne.

Que celle là ?! Tu rigoles, je t’ai sauvé une bonne dizaine de fois la peau. Le Nigéria, tu t’en souviens déjà plus, hum ?

Elle lui fit un clin d’œil. Evidemment, ils ne faisaient pas les comptes, et elle lui devait autant que lui. Le fait de se laisser aller lui fait du bien. Elle n’en a jamais vraiment eu l’occasion ou ne se l’est jamais autorisé. La vie de soldat n’est pas spécialement compatible avec la gaudriole en mission. Et Jenna était une femme bien trop indépendante pour s’attacher à un mec. Se laisser aller, surtout après tout ce qu’ils avaient traversé. L’odeur du fromage fondu se répandit rapidement dans la tente, mettant l’eau à la bouche de la sniper.

Tu devrais savoir que je ne réclame jamais, je prends.

Les deux militaires se jettent sur la nourriture. On aurait dit deux enfants sous la tente qui dévorent des friandises qu’ils ont dérobés sur la table des adultes. Le pain et le fromage sont brûlants et Jenna essayent d’éviter de se brûler les doigts et le palais avec. Savourant la nourriture, elle finit ses tartines avant de remercier Philippe et de rapprocher de lui, collant sa cuisse contre la sienne avant de l’embrasser à pleine bouche. La question de Raulne la fit sourire.







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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mar 6 Mai - 18:33




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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 25 Mai - 23:29

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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 1 Juin - 18:25




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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 1 Juin - 22:52

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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mar 10 Juin - 15:30




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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Sam 5 Juil - 16:28

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut






Finalement, Phillipe s’écarte d’elle. Jenna reste étendue sur le dos, son regard fixé sur le plafond de la tente. Elle est bien. Elle se sent bien. Réchauffée évidemment mais ce n’est pas qu’une question de température. Elle accepte bien volontiers la gourde que lui tend Philippe, buvant de longues gorgées qui lui permettent de réhydrater son corps en sueur. Que ressent-elle en cet instant ? Elle n’en sait rien et elle s’en fout à vrai dire. C’est une sensation ou un sentiment agréable, et c’est la seule chose qui compte. Elle pouvait crever demain alors elle devait profiter au maximum de tout ce que la vie lui apportait. Phillippe y compris. Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’ils se voyaient régulièrement et ils semblaient s’attacher l’un à l’autre, physiquement tout du moins. Jenna préférait ne pas y penser. Elle savait que le moment venu, elle devrait faire un choix. Elle devait être capable d’appuyer sur la détente, même si cela supposait dire adieu au lieutenant ou le sacrifier sur le champ de bataille. En serait-elle capable ? Et lui ?

Les sentiments, ça foutait la merde. Elle le savait et en était intimement convaincue. Mais il était bien difficile de ne pas en ressentir du tout. Elle voyait Raulne comme son amant, un partenaire avec qui elle passait du bon temps. Mais elle ne pouvait s’empêcher de cette façon-là de s’attacher à lui. Bordel, que c’était compliqué dans sa tête. Elle chassa ses pensées et se tourna avec un sourire doux aux lèvres vers Phillippe qui venait de lui lancer une petite remarque pour la taquiner.

Et la galanterie, alors ? Tu connais ? C’est normal que ce soit toi qui te sois occupé de moi, j’étais sur le point de mourir frigorifiée, je te rappelle. Tu n’aurais pas voulu cela, si ?

Elle pouffa de rire avant de se rapprocher et de poser sa tête sur le torse du lieutenant, sa main posée non loin de son visage et caressant machinalement la peau douce de Raulne. La tête de Jenna était emplie de questions mais elle n’osait les poser. Après tout, Philippe était exactement comme elle, il n’était pas quelqu’un qui arrivait à s’attacher à une nana. Pourquoi ferait-elle la différence à ses yeux.

Je me sens tellement bien.

C’était ce qui se rapprochait le plus de ce qu’elle pouvait ressentir sans partir sur une question purement sentimentale.





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Dim 6 Juil - 20:13

J'ai du mal à reprendre ma respiration. Il faut dire que je me suis donné à fond, que j'ai beaucoup puisé dans des réserves presque inexistantes. C'est quelque chose de très compliqué mais de pas impossible ; j'ai prouvé une fois encore que pour les beaux yeux d'une femme, j'étais capable de dépasser un état de fatigue terriblement avancé. Mais là, je n'en peux plus. J'ai fait mon malin, j'ai résisté le plus longtemps possible, et maintenant j'ai le sentiment d'avoir été cassé en deux. Je me sens bien, bien sûr, mais je me sens aussi terriblement fatigué. Plein de vigueur, d'envie, de volonté, mais totalement brisé physiquement parlant. Autant dire que je ne pense pas tenir encore très longtemps debout. Morphée m'appelle, et je n'ai tout simplement pas beaucoup de volonté à m'opposer à pareil rendez vous alors que je suis vanné, que la jeune femme est nue et chaude tout contre moi et que le matelas est relativement confortable compte tenu des circonstances. Je connais cependant la posture et le silence typiquement féminins que Jenna adopte une fois que nous en avons terminé. Elle réfléchit au plaisir ressenti, à l'avenir, à elle et à moi. Je n'aime pas ça, mais je n'aime pas ça du tout. Dire que je ne ressens ni affinité ni rien avec mon sniper serait mentir. Mais ce n'est pas pour le plaisir que j'ai foutu en l'air ma relation avec la femme de ma vie il y a plus d'un mois de ça, et je ne compte pas reproduire le même genre de relation avec Jenna ou avec n'importe quelle autre femme, d'ailleurs.


Je ne veux pas devenir idiot, parce que les idiots meurent plus vite que les autres.


Ouais, Bandat est bandante, c'est sûr. On se ressemble pas mal. C'est chaud au lit et on se voit pas ailleurs. C'est très bien comme ça. Si on commence à déborder de ce cadre, je suis voncaincu qu'on est foutu. Je n'aime pas beaucoup la tendresse que je lis dans ses yeux et son sourire quand elle se tourne vers moi. Je n'aime pas ça, parce que ça m'évoque beaucoup de faiblesse. Je ne me sens plus trop fatigué, cependant. Pouvoir s'attirer pareil regard et pareilles attentions est quelque chose de bien agréable. Trop. C'est pour ça que ça rend idiot. Je ne souris pas en lui répondant, même si mon regard n'a rien de dur.



| T'as cru que j'étais une lopette ? La galanterie, c'est pour les couillons. Toi, finir en glaçon ? Putain te fous pas de moi. T'as toujours été plus proche d'un volcan en éruption que d'un putain d'iceberg. |


Ok, c'était pas forcément un compliment mais je le concevais pourtant ainsi. La jeune femme vint poser sa tête sur moi, et même si c'était mal je n'avais pas le cœur à la repousser. Moi aussi, je me sens seul en temps ordinaire, et bien dans ce genre de circonstances. Et même un connard comme moi trouvait limite de tirer ses munitions pour se barrer ensuite comme un voleur. Je sais ce que veut dire Jenna, ensuite, et ça me fait flipper. J'ai mal au cœur, parce qu'elle aussi, je ne peux pas lui donner ce qu'elle désire ni ce qu'elle mérite. Je perds un peu de mon âme à chaque fois mais... e m'en échappe comme d'habitude dune pirouette.


| Normal, c'est ce qu'elles disent toutes. C'est pas pour rien que c'est moi le lieutenant, sniper. |


On fait comme on peut pour éviter les questions douloureuses, et celles qui fâchent...



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mar 22 Juil - 22:44

C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut




Le souffle court, Jenna tente de ralentir les battements effrénés de son cœur. Le plaisir l’environne encore pour quelques minutes, avant de s’envoler lentement, laissant derrière lui une ombre de la sensation éprouvée. Elle se senti bien, vivante, tout simplement. Demain, elle ne sera peut-être qu’un cadavre troué de balles alors ça fait du bien de s’envoyer en l’air, de se sentir désirée et de faire ce qui lui plait. La fatigue menace de s’emparer d’elle et elle ne pourra résister longtemps. Jenna contemplait pour le moment le plafond, semblant perdue dans ses pensées. En réalité, elle n’était absolument pas dans des réflexions métaphysiques sur le sens de sa vie ou le sentiment amoureux, ça non, ce n’était pas le genre. Elle regardait seulement le plafond en se rappelant tout ce qu’elle avait traversé. Si elle était là aujourd’hui, c’était qu’elle avait survécu. Elle se rappelait toutes les guerres, toutes ces vies qu’elle avait prises. Et à l’heure d’aujourd’hui, elle ne regrettait absolument rien. Elle allait de l’avant et c’était ce qui comptait le plus.

En se tournant vers Raulne, elle a un regard doux, certes. Elle apprécie sa compagnie, elle ne cherche rien de plus, même si évidemment, cela lui prend pas mal la tête de se sentir attachée à un homme. C’est loin d’être commun pour elle. Elle ne désire rien de plus que s’amuser. Oui, Raulne est un amant correct, qui se défend au lit. Oui, ils s’amusent bien ensemble. Et après ? De toute façon, ils n’ont pas d’avenir, ni l’un ni l’autre. Jenna est convaincue qu’un jour ou l’autre l’un des deux restera sur le carreau. Alors pas de sentimentalisme et tout le monde s’en portera mieux. S’envoyer en l’air et le reste, le laisser pour les feuilletons télés à l’eau de rose. Le style cul cul la praline avec princesse et jolies fleurs à la fin, ça lui a toujours donné la gerbe. La réaction de Raulne ne se fait pas attendre. Une réaction abrupte, pas violente mais relativement froide. Jenna recule légèrement, le visage fermé. Ma pauvre fille, tu t’es oubliée, là. Raulne est un dur, comme elle. Et il ne supporte pas la moindre once de faiblesse. Tout comme Jenna ne supporte pas qu’on lui marche dessus, supérieur ou pas. Elle lui jette un regard beaucoup moins tendre.

La galanterie c’est pour les types biens. Alors évidemment, ça ne te concerne pas. Ben, j’étais pas très loin du glaçon il y a une heure à peine.

La jeune femme s’était rapprochée de lui et avait posé sa tête sur son torse, dans un geste de rapprochement. De la même manière, il n’y avait pas vraiment de sentiments là-dedans, du moins voulait-elle s’en convaincre. C’était agréable d’être blottis l’un contre l’autre, voilà tout. Raulne sembla se contracter légèrement à ce contact mais ne le rompit pas. Etait-ce parce que cette position lui plaisait ? Ou bien par égard pour elle, elle n’en savait rien et elle n’en avait strictement rien à foutre. Mais évidemment, Raulne était un bourrin et resterait un bourrin, c’est ce qui faisait en partie son charme et le fait qu’ils se ressemblent tant. Alors que Jenna avait tenté d’exprimer un ressenti, chose bien rare chez elle, Philippe lui lança une remarque ironique. Jenna savait qu’elle avait été stupide de dire une chose pareille. Qu’est-ce qu’elle espérait comme réponse, exactement ? Elle haussa les épaules, sans sourire.

J’ignorai que tu étais devenu lieutenant par promotion canapé.

La phrase ironique n’avait pourtant pas été prononcée avec un ton léger. Jenna s’écarta de Raulne et se releva nue pour prendre ses vêtements au pied du lit. Elle se rhabilla et s’assit sur le bord pour remettre ses brodequins. Elle rompit le silence qui s’était installé :

Je ne vais pas te déranger plus longtemps. Je pense qu’il est temps pour moi de partir.

Bien sûr qu’elle n’en avait aucune envie. Mais elle ne désirait pas être faible et surtout pas que Raulne la considère comme telle.





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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Mer 6 Aoû - 17:06

[HJ : ah putain, j'avais pas vu ton rp ! Je me disais aussi, que c'était bizarre que t'en veuilles un autre sans avoir fini le précédent xD]


En fait, sous mes dehors austères et vindicatifs, j'étais quelqu'un de profondément mal à l'aise avec la proximité humaine. Allez vous faire foutre si vous voulez vous la jouer au psy avec moi, en me disant que j'ai sans doute eu une enfance tragique, ou qu'une succession de périodes intenses de stress cumulés aux nombreux chocs post traumatiques subis depuis le début de ma carrière, ont pu me démolir la psychée ou je sais pas quoi d'autre. Bref. Rien de tout ça. Cela dit, on n'a pas encore expliqué comment mon attitude est motivée et conditionnée par ce que je suis. J'ai sans doute des déséquilibres, ce que je ne nierais qu'avec une habituelle et excessive mauvaise foi. Pour autant, j'ai toujours eu du mal avec les gens. Par toujours j'entends depuis qu'il s'est passé le drame avec Eléanore, plus d'une douzaine d'années plus tôt. Je ne me sens bien qu'avec mes soldats, mes hommes. Mes femmes, si je peu m'exprimer ainsi, me foutent tout autant mal à l'aise que les étrangers. Je sais que Jenna est plus intéressée qu'il n'y paraît ; que je joue ou que j'incarne véritablement le butor abruti et insensible ne change rien au fait que je ne suis pas né de la dernière pluie. Mais tant de proximité, et cet intérêt, me semblent déplacés, contre natures. J'ai tellement intégré l'image de connard que je me suis forgée pour exceller dans mon travail que je ne crois plus qu'à celle ci. Et j'ai acquis l'intime conviction que si je fais un chef de guerre tout ce qu'il y a de plus correct, je n'ai aucun talent pour les choses de la paix, de l'épanouissement personnel et de tous ces trucs pour les lopettes. Je note non sans regrets que ma réaction braque ma maitresse. Son regard change. Elle aussi est un tueur, et il ne faudra pas lui dire deux fois...


| Evidemment, vu comme ça... |


que dire de plus ? La belle a visiblement tout dit, de toute manière. Je n'ai pas grand chose à ajouter. Je soupirais à ses paroles suivantes.


| J'aurais bien aimé, si on avait une capitaine et pas un. Mais là c'était pas trop possible, du coup. Dommage. |


Une fois encore, je sens combien j'ai peut être blessé la jeune femme. Maintenant, le dépit et les remords laissent place à une certaine frustration. Ben quoi, on avait signé un contrat ? On baisait, et puis c'est tout. C'est tout ce qu'il nous reste dans ce putain de monde, non ? Elle était pas ma femme, on n'allait pas se reproduire comme des putains de lapins et on n'aura jamais de maison à nous. Non, on allait continuer à faire ça comme ça, et on crèvera probablement seuls, loin de chez nous, du plomb plein le citron et la vie qui s'écoule peu à peu. Merde alors. Je hausse les épaules, expirant par le nez ma frustration.


| Comme tu veux, sniper. Tu sais où me trouver. |


Pas besoin de lui rappeler de faire attention. Elle a autant à perdre que moi, son statut de soldat dans un monde masculin. Et oui, je me laisse aussi aller à un peu de prétention. Je sais qu'elle reviendra ; c'est d'ailleurs une partie du problème.



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MessageSujet: Re: C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout ce qu'on veut [Philippe]   Aujourd'hui à 15:38



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