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La noirceur s'empare-t-elle peu à peu de mon cœur ?
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MessageSujet: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Mar 22 Avr - 12:55

    La barrière s’ouvrit devant moi et je passais parmi quelques-uns également qui allaient en direction de la rivière pour se laver ou aller chercher de l’eau. Pour ma part, je quittais le chemin de terre pour aller plus en profondeur dans la forêt. Pourquoi cela ne me faisait-il pas peur ? Parce que j’avais déjà tout perdue à mon sens. Je n’avais plus rien, seulement ce vide en moi et cette solitude tout autour de moi. Je n’avais pas pu sauver Emy alors que j’y avais mis tout mon cœur. Celui-ci s’était éteint, à jamais sûrement. Je ne voulais plus souffrir, je ne voulais plus être aussi faible que je l’étais. Je voulais pouvoir faire quelque chose, mais quoi ? J’arpentais le bois, telle une âme qui errait complètement sans but. Les arbres n’avaient plus de feuilles et le sol était recouvert de neige, même si par endroit elle était mêlée à la boue et aux feuilles mortes. Le soleil était pourtant au rendez-vous, seulement il ne me réchauffait en aucun cas. Je ne ressentais pas le froid, même si j’avais un manteau chaud et des vêtements tout aussi chauds. Non. Cela ne venait pas de là. Disons plutôt que je ne ressentais plus de chaleur. Tout était froid et sans valeur. J’en oubliais presque que j’avais d’autres personnes que j’affectionnais. Mais je me perdais peu à peu. La route jusqu’ici avait été dure, ma cuisse me tirait encore en marchant. J’avais eu du mal à me relever de ma blessure, mais je ne m’étais pas plainte, non. La douleur était minime, et j’avais déjà subi pire. La cicatrice de l’éclat d’obus dans mon flanc en était un exemple pur.

    Je m’arrête alors que j’ai l’impression d’avoir parcouru des kilomètres alors que mon pas était lent et que je n’étais pas très loin finalement du chemin. On ne pouvait pas m’apercevoir comme ça entre les arbres, je n’étais pas venue m’insinuer dans la forêt pour avoir de la compagnie. Je m’arrêtais donc alors que mon regard se pose sur un arbre. Je m’approche de celui-ci et en même temps que tout défile dans ma tête, mon poing droit s’écrase sur l’écorce, puis l’autre, et ainsi de suite alors que j’essayais juste de me représenter tout ce qui m’avait torturé et me torturait encore. Je voulais apprendre à bien frapper, à faire mal autant qu’on m’en avait fait finalement. Alors je ne cessais pas, la douleur ne me traversait plus, elle coulait juste sur moi, ne s’imprégnant pas. J’en avais une plus conséquente que j’avais bien dissimulé. Puis je m’arrêtais, me rendant compte que j’haletais et que du sang ornait l’écorce précédemment touché. C’était comme si l’espace d’un instant je n’avais plus été là, autant ma vue que mon ouïe. Je regardais mes poings et effleurais mes égratignures alors que j’étais toujours autant dans mes pensées. Ne faisant pas attention à mon environnement et n’entendant pas les bruits de branches mortes craquer derrière moi.


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Mar 29 Avr - 12:06

J’étais encore en vrac. J’avais pas tout à faire récupérer, j’en étais même loin. J’avais perdu en force, en muscle, en graisse. J’avais été une ombre jusqu’à ce que je commence à me rétablir. J’avoue qu’à un moment, j’avais cru que j’y passerai, comme ça, comme une pauvre merde. J’aurais été capable de demander qu’on me descende tant une mort pareil me semblait moche, illégitime pour quelqu’un comme moi qui avait prévu de crever la gueule sur un rictus immonde, une arme à la main et un cadavre voire plusieurs à mes pieds.
On m’avait permis d’intégrer les forces de défenses uniquement en raison de ce que je savais, parce que pour l’instant, j’étais vaguement inutile. Et pourtant, je luttais. Je cherchais à retrouver la forme et ça, même si je devais forcer et m’en faire crever. Ce serait mieux que de dépérir comme une pauvre merde.
J’irai pas jusqu’à dire que me retrouver trouffion de base me réjouissait, mais presque. Ça occupait et ça m’éviterait d’étrangler quelqu’un, les médecins entre autre qui s’entêté à me bassiner avec le fait que je devais me ménager.

Ce que je foutais dans la forêt ? Rien de spécial, je cherchais dans le coin du calme et surtout à ne pas tomber sur quelqu’un que j’aurais volontiers descendu et bordel de Dieu, la liste était longue. Je travaillais sur ma communication mais j’avais encore des progrès à faire. Les ordres, ça faisait un bail que j’en avais plus suivi. J’restais une civile, logique. Mon secret n’en était plus tout à fait un. La seule chose qui me tenait éloignée de dire la vérité, c’était l’absence de questions. Personne ne voulait vraiment savoir ce que j’étais avant. Grand bien leur fasse.

Trouver quelqu’un ici n’était pas vraiment prévu mais ça n’avait rien d’étonnant. Une blondinette, légèrement vénère à en juger par sa posture et l’arbre qu’elle cognait. La géraldine avait de la rage à revendre et les mains solides. Cogner un arbre, c’était pas exactement comme cogner dans un punching ball, ça écorchait plus qu’un peu les mains et j’parle même pas de la diffusion du choc.
Je la regardais un moment s’exciter sur son bout de bois et j’me décidais enfin à approcher sans ménager le bruit que je pouvais faire. Elle ne tilta même pas. La donzelle était loin. « Y a plus simple pour déraciner un arbre, j’sais pas si t’es au courant. Et si t’essaies d’endurcir tes petits poings, y a plus simple et moins douloureux. À moins que tu ne cherches à chopper je ne sais quelle merde en massacrant tes poignets de poulet sur un tronc plus vieux que toi... »
J’aurais pu faire plus aimable comme entrée en matière mais j’avais pas trouver mieux. Quand je le disais qu’il fallait que je bosse ma comm’. « Alors, tu déverses ta rage ? Ta frustration ? » Ce regard, je le connaissais pour l’avoir eu, le mien avait été plus mort encore mais sa similarité ne pouvait que me parler. On reconnaissait pas forcément les souffrances des autres, même quand on les avait vécu mais elle avait du mal avec la dissimulation du bordel. J’pouvais pas lui en tenir rigueur, ça m’avait pris du temps.
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Mer 30 Avr - 20:10

    Avais-je mal ? Mes yeux regardaient ce liquide rouge sur mes poings refermés. Chose absurde en somme, que je n’aurais jamais fait en d’autres circonstances. Sauf que voilà, j’étais dans une certaine situation, un certain état d’esprit – si on pouvait appeler cela comme ça. Essayer de battre un arbre, quelle idée ? Sauf que pour moi ce n’était plus un arbre, mais plutôt une personne, une émotion… quelque chose qui ressemblait à un grand mélange de tout. Tout ce que je pouvais ressentir, à l’égard des gens, à l’égard de la vie, à l’égard de dieu aussi, à l’égard même de ma vie et du destin. De tout. J’en voulais presque à tout et n’importe quoi, y compris à moi-même. N’avais-je pas perdu encore quelqu’un qui m’était cher ? Je revoyais le visage d’Emy, émerveillé, alors que nous nous retrouvions à Louisville. Jamais je n’aurais cru la revoir, mais j’avais été tellement heureuse. Heureuse de voir qu’enfin je n’avais pas fait un geste en vain, et avais sauvé une vie humaine. Depuis, j’avais l’impression que tout m’échappait des mains, que tout me filait entre les doigts sans que je ne puisse rien y faire. Je voulais pouvoir me défendre, je ne savais comment. Alors j’avais pris pour cible ce tronc d’arbre, épais qui plus est mais tellement dur et résistant. Beaucoup plus que l’était la peau de mes mains, et peut-être même la structure de mes os si je n’avais pas cessé d’arrêter de frapper de toutes mes forces. Je n’avais pas sentie la douleur jusqu’à constater l’état de mes mains. Je ne me sentais pas plus forte non, ni même apaiser, ni même rien du tout. Je sentais seulement des petits picotements, preuve que je m’étais bien abîmé.

    Le bruit derrière moi atteignit mes oreilles bien plus tard que prévu, m’arrachant à mes pensées, à mon monde que je m’étais fait durant un instant. Je me retourne alors que je constate qu’une femme s’était avancée vers moi. Inconnue au bataillon, je ne savais même pas pourquoi elle s’avançait. Je l’écoutais alors qu’elle élevait la voix pour s’adresser à moi. Je l’écoutais attentivement, comme si je n’étais pas encore redescendu totalement sur terre, quand bien même j’entendais parfaitement tous ses mots. Je laissais un temps d’attente avant de répondre.

    « Tu fais toujours d’aussi belles métaphores ? »

    Je n’avais pas tourné ma langue dans ma bouche sept fois pour éviter de sortir ce genre de chose. Mais ce n’était pas méchant, je faisais référence à tout ce qu’elle avait dit. Mes petits poings, poignet de poulet… même si en vérité je m’en fichais vraiment.

    « Et tu voudrais peut-être que ce soit toi ma cible ? Un tronc d’arbre ne m’atteint pas, toi, tu ferais l’affaire ? »

    Je ne savais pas qu’en vérité elle pouvait parfaitement me mettre au sol. Elle n’était pas venue dans l’intention de m’emmerder et j’étais loin de m’imaginer qu’elle pouvait comprendre ce que j’avais vécu. Au fond, il y avait des gestes et des regards qui ne trahissaient pas, tout comme les attitudes.

    « Si jamais tu trouves quelqu’un qui frappe dans un arbre et qui est heureux, tu m’appelles. » Je fis une pause, soupirait avant de reprendre. « Je crois surtout que je n’arriverais jamais à faire quelque chose de… » Je regardais mes poings, mais pensait aussi à toute ma personne. « … ça. »
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Dim 11 Mai - 18:29

J’aurais mieux fait de m’abstenir plutôt que de m’avancer pour lui parler ? Peut-être. Mais on ne se défoule pas sur un arbre sans raison, pas plus qu’on ne regarde ses poings comme ça quand on se sent bien et en paix. Elle n’était pas en paix.
Elle se défoulait, passait sa rage, sa haine ou je ne savais quel sentiment. J’avais beau connaître ce regard, je ne prétendais pas savoir. On encaissait de façon différente, on réagissait selon ses moyens. Cependant, personne ne pouvait se permettre d’être brisé ces temps-ci, pas en voulant survivre. Amocher ses poings pour extérioriser n’était pas une meilleure idée.

Je souris face au sarcasme. « Seulement pendant une apocalypse. » Il fallait bien filer des images plus sympas à ce qui nous entourait non ? J’esquissais cette fois un léger rictus d’amusement. « Ce n’est sûrement pas un arbre qui va te rendre les coups ou t’apprendre à en donner. Et ce n’est pas la façon dont tu frappes qui va faire de moi une cible. »
Je la regardais, l’écoutais me dire qu’elle ne pourrait rien faire de ça. Tellement faux. Je m’approchais et saisissais un de ses poignets pour le relever. Pas avec force mais avec fermeté quand même. « Ce n’est pas la force que tu utilises l’important mais la façon dont tu te sers de tes poings. Sors le pouce. » Je le fis à sa place et je le plaçais. « Mets-le comme ça. Ne tend jamais le bras à fond quand tu cognes. L’effort que tu déploieras pour relancer un coup sera moins important. Tu te fatigueras moins. Faute de force, vise les zones sensibles. Savoir où frapper vaudra toujours mieux que frapper fort. Stratégie, efficacité. »
Et voilà que je me mettais à apprendre à une petite blondinette à se défendre... « C’est pareil pour tes petits poings et pour tout le reste ma belle. La technique est plus importante que la force. Les deux sont un combo d’enfer mais faute de grives on mange des merles. »

Je croisais les bras, lâchant son poignet. « Et puis quand on sait pas ce qui traîne dans l’air, on éviter de s’amocher l’écorce. Les toubibs pourront pas nous rafistoler indéfiniment. » Déjà comme ça, j’étais pas totalement sur pied. J’étais même loin d’être en grande forme et prête à me rebattre en face à face avec quelqu’un. N’importe quel coup bien placé pouvait encore me foutre à terre vu mon état mais je tenais debout et je sauvegardais les apparences autant que faire se peut. Hors de question qu’on m’éjecte de mon petit poste à cause de faiblesses à la con. Avec moi, c’était jusqu’à la mort ou rien. Faire dans la demi-mesure et fuir, jamais.
Je regardais dans les yeux la donzelle en me souvenant que je ne m’étais pas présentée. Ça pourrait être pas mal pour un début même si en général, je me foutais pas mal qu’on sache qui j’étais ou comment je m’appelais. « Au fait... moi, c’est Alix. »
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Ven 16 Mai - 9:21

    Je ne voulais pas être méchante avec elle. Disons que la surprise de la voir, de constater soudainement qu’elle était derrière moi alors que je me pensais seule m’avait un peu fait peur, il fallait l’avouer. J’avais été plongé dans ma déchéance, mon désespoir, car oui, j’étais tout ça à la fois. Je ne m’imaginais pas survivre dans ce camp. J’avais déjà eu l’image d’un cocon brûlant m’enveloppant et prenant ma vie à chaque seconde. Oui, si j’avais eu le courage, je me serais laissé mourir dans la neige. Sauf que voilà, j’avais beau avoir des idées noires, j’étais encore présente. Et je défoulais ma rage et tout ce que j’avais en moi sur ce tronc d’arbre. Je ne savais comment faire d’autre pour m’apaiser, si du moins je pouvais l’être. Je ne pouvais pas rester passive aussi longtemps, car tout me tuait à petit feu. Ce vide m’emportait lentement mais sûrement, et j’allais de plus en plus me refermer pour ne plus pouvoir m’ouvrir de nouveau. C’était déjà bien mal parti, je m’isolais depuis que nous étions au camp. Je n’avais même pas pensé à voir les gens que j’appréciais, il n’y en avait plus beaucoup de toute façon. Et je ne voulais pas croiser… Je bloquais moi-même cette pensée, alors que je redescendis sur terre de nouveau alors que la femme devant moi me parlait.

    Elle me considérait comme faible, ou du moins que je m’y prenais vraiment très mal pour frapper l’arbre. C’était ce que j’avais compris puisqu’elle m’avait dit qu’elle ne serait pas ma cible. Je ne savais pas qui elle était, mais j’imaginais qu’elle en savait un peu plus sur comment se battre. Au moment où je souhaitais lui demander si elle savait quelque chose, ou si éventuellement elle pourrait m’aider, elle s’avança vers moi et saisie un de mes poignets. Elle était ferme, et emplis de surprise et de curiosité je la laissais faire et l’écoutais. Avant que je n’imprime ce qu’elle me disait de faire, elle le faisait à ma place, essayant de suivre tout ce qu’elle me disait alors que j’étais tout autant surprise au fur et à mesure qu’elle continuait. Elle m’apprenait comment faire, mais c’était juste dans l’instant ? En tout cas, j’étais plus qu’intéressée, si elle pouvait m’apprendre tout ce qu’elle pouvait, je ne dirais pas non. Je pourrais au moins essayer d’avoir moins peur en arrivant à me défendre par moi-même. Combien même je devrais avoir mal, que l’entrainement sera dur et épuisant, peu importe, cela pouvait me permettre de mieux me relever… non ?

    Elle lâchait mon poignet et je restais comme elle me l’avait conseillé, tout en constatant qu’elle avait un franc parlé plutôt… rassurant. Oui c’était bien ça, je ne savais pas d’où elle était originaire mas elle avait aussi des tournures de phrases que je ne connaissais pas. Finalement, c’était peut-être bien qu’elle se soit approchée…

    « Je n’ai pas… » Je baissais mes bras et joignais mes mains. « … réfléchis. J’avais besoin d’évacuer. Mais ce n’est que des égratignures. » Et je vais me taper un hématome pendant plusieurs jours également. Je ne ressentais plus la douleur de la même façon, celle-ci était tellement infime finalement. J’eu une idée en tête, depuis le départ en fait mais elle devenait plus sérieuse et plus présente encore. Je me demandais comment allait réagir mon interlocutrice. « Si tu sais tant de chose, j’imagine que tu sais te battre non ? Expérience militaire ou autre ? Quoiqu’il en soit… » je pris une profonde inspiration. « J’aimerais que tu m’aides pour m’aider à me défendre. »

    Voilà c’était dit. Et au moins j’essayerais d’être une élève hors pair et cela me permettait de ne pas sombrer dans mes idées noires. Le fait qu’elle m’ait appris quelques astuces sur mon poing et la force à mettre, etc… je n’avais eu qu’à me concentrer sur ce qu’elle me disait. Très sérieuse, en oubliant presque tout autour de moi, et c’était ce que je voulais retrouver. Je voulais qu’elle m’entraine, et l’acharnement, l’épuisement ou la douleur ne me faisait pas peur, du moment que cela me faisait penser à autre chose. Me faisait oublier.
    Elle se présenta finalement, et je fis de même. Nous ne nous connaissions pas, en tout cas elle ne me disait rien. « Eléanore. »


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Lun 19 Mai - 19:58

Prendre quelqu’un par surprise n’était pas tout à fait une bonne idée mais en toute franchise, je n’y avais même pas réfléchi. Techniquement, les balades étaient plus ou moins restreintes... le truc, c’est qu’on ne pouvait pas empêcher les gens de sortir ou du moins, pas trop loin.
Personnellement, jouer les baby-sitters n’était pas pour moi, si les gens voulaient se balader et rencontraient de la merde ou se blessaient, tant pis. Ils étaient responsables de leur sort, ça m’était égal.

Loin de moi l’idée de l’enfoncer mais sa technique était mauvaise et si l’envie de cogner était là, à ce rythme, elle allait se bousiller les os en moins de deux. Si je pensais aux toubibs, c’était uniquement parce qu’ils avaient clairement plus problématique à soigner. Je lui montrais comment s’y prendre, ce serait toujours ça de pris. Et puis... elle avait ce foutu truc dans le regard. Cette saloperie que je détestais voir, non seulement parce que ça me collait un putain de rappel mais aussi parce que... Merde. J’avais aucune envie d’y penser.
Elle m’écoutait, ce qui était déjà pas mal. La rage, ça aidai au maintien, ça donnait un but. La vengeance aussi. Ça suffisait pas, mais en attendant mieux, c’était déjà pas si mal.

« Tu fais ce que tu veux mais évite de te bousiller les poings si tu veux t’en servir. La douleur revient toujours au mauvais moment. Oublie pas ça. » La douleur... toujours présente cette garce et surtout quand il ne fallait pas.

En lui filant des conseils, j’étais loin de m’imaginer que j’allais avoir droit à une demande comme celle-là. Lui apprendre ? Bordel, dans quoi je m’étais embarquée. « Je sais me battre oui, c’était mon gagne pain et oui, j’ai été militaire. Dans une autre vie. J’veux bien t’apprendre, te filer des conseils mais oublie pas que c’est toi qui l’a demandé. J’vais pas t’épargner ma belle, pas avec le monde dans lequel on vit. Tu vas en chier, tu vas me détester mais c’est ce qui pourrait t’arriver de mieux. »
Eléanore. Ce serait plus simple comme ça. « Lena, c’est plus court... Et si tu m’expliquais tes raisons ? Vraies ou fausses je m’en moque mais convaincs-moi. Mens si tu veux mais faut que j’y crois. Se défendre, ça passe aussi par là. » Dans les deux cas, elle aurait besoin de pouvoir en parler avec aplomb. Je le faisais si besoin même si ça me foutait en colère. Le tout, c’était de ne jamais se mettre à croire ses mensonges. Si on en venait à ça, on était foutu.

Je m’asseyais et j’attendais de voir combien de temps ça lui prendrait pour me dire soit la vérité, soit pour me mentir. Il fallait qu’on en passe par-là, je devais voir l’étendue du boulot. Ce que je lui avais dit était une promesse. Elle me haïrait mais elle serait plus forte, dans tous les sens du terme.
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Dim 8 Juin - 10:37

    Cette interruption par une inconnue était peut-être une bonne chose finalement. Qui sait, si elle ne m’avait pas arrêté, peut-être me serais-je fracturé les doigts à force de m’acharner ? J’aurais pu continuer pendant des heures, je ne savais même pas si le craquement de mes doigts auraient suffi à m’arrêter véritablement. Aurais-je pu me briser les os et continuer inlassablement ? Je n’avais pas la réponse, car cette femme m’avait interrompue et c’était très bien pour mes petits poings. Car oui, j’en avais de petits, elle n’avait pas tort là-dessus malheureusement. Ce pourquoi peut-être je n’ai réussi à me défendre contre des hommes, mais poings ne leur faisaient pas grand-chose en somme. Alors que leurs mains… Je frissonnais, mais pas de froid, un frisson presque douloureux alors que mon corps se souvenait de cet événement. J’eu la nausée également, alors que je me souvenais du moment le plus horrible de toute ma vie. Je cru vraiment que j’allais vomir, avant que j’entende de nouveau parler cette femme qui me fit sortir de ma torpeur. Je lâchais un rire nerveux à ses paroles.

    « Mauvais moment ? Vraiment ? » Je paraissais ne pas la croire du tout. Elle était constante chez moi, alors le mauvais moment était présent à chaque minute, chaque seconde. Qu’en savait-elle ? Peut-être avait-elle la chance de ne pas souffrir autant que moi. Car je savais que tout le monde souffrait, mais j’étais tellement embarqué dans ma propre souffrance que celles des autres me paraissait misérable. Je ressentais quand même un brin de compréhension, elle n’avait pas pitié de moi, ou alors je me trompais complètement. J’avais l’impression que j’allais avoir un bon feeling avec elle, un sentiment étrange à son égard mais plutôt positif. Et le fait qu’elle me fasse un mini court de défense, elle m’avait ouvert une porte de sortie. J’avais beau être un peu brute et froide envers elle, mais ce n’était pas de la méchanceté. Elle l’avait compris apparemment.

    Je n’y étais pas aller par quatre chemins, je lui avais demandé de m’aider, de m’aider pour éviter de me sentir constamment en insécurité, faible. Je voulais pouvoir me défendre, savoir quelques trucs, voire même beaucoup plus pour pouvoir gérer une situation critique. Si elle m’avait corrigé, c’était qu’elle savait un minimum comment faire, avait-elle un entrainement particulier ? Et c’est là que je l’écoutais attentivement lorsqu’elle répondit à mes questionnements. J’étais heureuse finalement qu’elle m’ait trouvé, qu’elle n’ait pas passé son chemin. Encore fallait-il qu’elle accepte de m’aider. Et avec un peu de surprise, il fallait l’avouer, elle était prête à le faire. Seulement elle me mettait en garde sur ses méthodes d’apprentissage. Je m’en foutais royalement, et qu’elle n’y aille pas de main morte m’allait parfaitement. Cela allait peut-être parvenir à me faire oublier. Oublier tout ce qui me détruisait de l’intérieur. Et si devenir une arme m’aiderait ? Bizarrement, cette pensée me fit du bien…

    « Je ne reviens pas sur ma proposition, et c’est parfait si tu ne m’épargnes pas. Je n’en ai pas besoin, je veux seulement pouvoir me défendre en toute situation. Je ne supporte plus d’être… » …faible, minuscule, ignorée… juste moi en somme. Je ne continuais pas ma phrase, elle avait tout à fait compris. Lorsqu’elle me donna un surnom, je ne dis rien, je m’en fichais en vérité de comment elle m’appelait du moment qu’elle m’aidait. Elle voulait ensuite que je lui donne des raisons valables. Le pourquoi du comment en somme. Je m’approchais d’elle, plongeant mon regard dans le sien et je ne réfléchissais même pas à mes paroles, elles sortaient toutes de je ne savais où. « Les raisons ? Je pourrais t’en donner des tonnes. J’ai besoin de me défouler car j’explose à l’intérieur, mais la seule véritable raison… » Je fis une pause, ma voix tremblait et mon ton devenait plus grave. « Je ne veux plus être une poupée entre leur main. Je veux être leur cauchemar. » Tant de haine et de colère en quelques mots. Même si je les recroiserais jamais, j’aimerais pouvoir replacer un homme dès qu’il ferait un petit pas de travers. Je me surpris à penser à Philippe comme punching ball… « C’est assez clair pour te convaincre ou faut-il que j’en rajoute ? » Je ne savais pas comment je faisais pour tenir, je venais de la mettre sur la voix, mes jambes tremblaient, je pensais m’effondrer mais je tenais le coup. Mes poings étaient serrés et je ne m’en rendais même pas compte.


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Dim 8 Juin - 14:29

Si j’avais su qu’en me bougeant le cul ce matin j’allais tomber sur une donzelle qui me demanderait de lui apprendre à se battre, j’aurais ri. J’avais pas vraiment la tronche du pédagogue de base. J’étais même pas sûre qu’elle tiendrait le coup, qu’elle arriverait à gérer ce qui lui était arrivé. On en était pas toutes capables, pas tous non plus. J’avais bien failli en crever, au propre comme au figuré... mais je l’avais utilisé. Ça me foutait toujours en rogne et j’avais toujours des envies de meurtres dans ces cas-là mais on pouvait pas butter tout le monde.
Je ne ratais pas les frissons, le changement de teint... Pas évident à voir mais j’étais en terrain connu. « Vraiment. » Je forçais sur le vraiment. La douleur qu’elle ressentait deviendrait pire ou alors deviendrait sourde. Je ne pouvais pas le savoir. Je comptais assourdir cette douleur, comme on avait assourdi la mienne. C’était toujours-là et faute de passé par dessus, j’avais contourné le problème. On oubliait pas, jamais. Elle devrait apprendre à vivre avec.

Je lui promettais qu’elle allait en voir des vertes, qu’elle allait me haïr. Elle voudrait même probablement abandonner. Pourtant, elle persistait. Elle ne revenait pas sur sa demande. Je complétais sa phrase. « Moins que rien. Pigé. Mais te leurre pas. Tu ne pourras pas te défendre en toutes circonstances. Personne ne le peut. Ne perd jamais de vue que même les plus endurants, les plus entraînés, les plus intelligents, les mieux armés ne peuvent pas survivre à tout. On est crevable. Tous. Et ça vaut aussi pour ceux d’en face quand tu combats. On est tous à égalité en la matière. » C’était à double tranchant. « Le tout, c’est d’enregistrer l’information et de ne jamais l’oublier. » Je m’en étais servie. J’avais survécu, pas mon vis-à-vis.

Je lui demandais de me donner ses raisons, de me mentir ou non. Tout ce que je voulais, c’est qu’elle arrive à me convaincre. Je l’écoutais. Des tonnes... J’en voulais une mais je ne dis rien, pas tout de suite. Sa réponse fut une métaphore. Mauvais. Elle devait faire face. Tant pis, j’allais commencer par le pire. Je la laissais me demander si ça me suffisait, il y avait de la colère dans sa voix. Je me trompais peut-être sur son compte mais j’allais le savoir tout de suite. Je me saisis de son menton, pouce et index faisant légèrement pression sur la mâchoire. « N’en rajoute pas mais affronte. Fais face ou tu vas te noyer dans ta haine et ton dégoût. » Je la relâchais, un sourire aux lèvres. Elle allait me haïr oui. « Tu n’oublieras jamais, tu en souffriras. Fuir cette douleur est inutile, elle court plus vite que toi. Apprends à la contourner, à la mettre en cage et à l’utiliser. Mets des mots dessus. De vrais mots, pas des métaphores à la con. T’es pas la première a qui c’est arrivé et tu seras pas la dernière. J’dis pas que c’est normal mais ça t’es arrivé. Maintenant remue-toi ou j’pourrai rien pour toi. »

Alors... quelle réaction tu vas avoir si j’me suis pas plantée ?
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Lun 9 Juin - 16:26

    J’avais beau essayé de cacher toute les petites choses qui faisaient de moi une victime, qui prouvait à ceux et celles qui pouvaient voir ce que j’avais vécu. C’était un peu pour ça aussi que je n’avais pas été voir Manu encore, j’avais peur qu’il comprenne tout rien qu’en plongeant son regard dans le mien. Mais pourquoi cette femme devant moi aurait su ? Non vraiment, je ne pensais pas du tout que les petits gestes inconscients pourraient lui faire comprendre. Je ne m’en rendais pas compte, alors pour moi j’étais juste une victime de la guerre, pas une victime de viol. Du moins c’est ce que j’essayais de faire croire aux autres, mon masque ne marchait pas si bien que cela. Elle affirmait ses propos alors que j’avais des doutes sur ce qu’elle m’avait dit plus tôt. Je n’avais pas conscience qu’en réalité elle savait très bien ce qu’elle me disait et savait très bien comment faire pour palier à cette souffrance. Je n’en savais rien, ce n’était pas écrit sur nos fronts lorsque l’on était victime d’abus sexuels. Je la considérais juste comme une simple femme… une femme qui pouvait toutefois m’aider en m’entrainant. Elle était d’ailleurs prête à accepter alors que je lui affirmais une seconde fois que je ne ferais pas marche arrière. J’allais en chier ? Parfait. Je voulais m’occuper à quelque chose d’autres que de faire des petits trucs à droite à gauche et qui ne m’empêchait pas de penser. Mes pensées étaient mon pire cauchemar, elles avaient faillis m’emporter une fois…

    Elle avait tout à fait compris la fin de ma phrase, même si j’aurais plutôt dit… y a-t-il un mot plus fort que faible ? Je m’égarais, mais de toute façon ça ne changeait rien. J’avais l’impression que c’était la première femme qui me comprenait autant. Bon d’accord, je l’avais mis un peu sur la voie, mais quand même. J’avais parlé à beaucoup d’autres avant elle, même si je voulais rester un brin solitaire et me renfermer en quelque sorte, et personne n’avait vu. Personne n’avait vu ma réelle détresse. Elle la voyait-elle finalement ? Elle me faisait de nouveau la moral, ou me prévenais, c’était la même chose pour moi. Elle faisait tout pour me faire reculer ? Etait-ce un test ?

    « C’est bon j’ai bien compris. Sauf que dans ma situation présente, je suis plutôt une cible facile. Je ne sais rien du combat, je ne sais pas me défendre. Donc non, nous ne sommes pas tous à égalité. »

    C’était clair et je pensais vraiment qu’elle disait faux. Tous égaux ? J’aurais presque pu rire. Et une civil face à un militaire entrainé ? Non vraiment, elle disait n’importe quoi… Je ne ferais pas de vieux os si je ne trouvais pas une bouée de sauvetage, et il se trouvait qu’elle pouvait l’être. J’essayais de cacher toute ma colère, ma souffrance et ma haine mais c’était un peu difficile alors qu’elle m’avait demandé les raisons, ou la dans mon cas présent, pour qu’elle puisse être convaincue. Etrangement, et je m’étonnais moi-même, je l’avais mis sur la voie, sur cette dangereuse voie et je ne savais pas du tout comment cela était-il sorti de ma bouche. Avant que je ne me rende vraiment compte, j’avais déjà tout déballé. Je restais muette un moment alors que je sentais la colère me dépasser. C’est là qu’elle m’agrippa le menton et j’eu un léger sursaut alors que mon regard se concentrait de nouveau sur elle. Je la regarde, plus surprise que jamais alors que ses mots ne m’atteignent pas vraiment. Je suis déjà dans un cercle vicieux, la haine me rongeait déjà de l’intérieur. Elle me relâchait et je reculais légèrement par réflexe. Puis j’écoutais la suite et un voile d’incompréhension se lisait sur mon visage, en plus de la surprise qui m’habitait. Puis d’un coup, mon cœur rate un battement, je me sens tremblante et j’ai affreusement chaud. Et une seconde fois, je ne réfléchis pas, je lui saute dessus avec toute la rage qui était en moi. Elle chute au sol et je l’accompagne également dans sa chute. Je suis à présent sur elle et mes deux mains fixent ses épaules alors que mon regard se fait dur.

    « J’pourrais me remuer si quelqu’un s’intéressait simplement à moi ! Sauf que voilà, ya personne ! C’est clair ? Ya personne !! »

    C’était vrai, mais pas totalement, y’avait Manu, mais bon, à part lui franchement qui d’autre se souciait de moi ? Personne… comme je l’avais dit. Mes yeux commençaient à me piquer, je sentais cette boule dans ma gorge grandissante et cette souffrance qui me faisait suffoquer. Voulait-elle vraiment m’aider finalement ?


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Jeu 12 Juin - 9:55

Très franchement, je ne savais pas si elle arriverait à se battre contre elle-même, contre ce qu’elle avait vécu. Si je ne m’étais pas planté. Parce que c’était là tout le nœud du problème... Si ça n’était pas ce que je croyais, il y avait fort à parier que ce serait pour, ou trois fois rien.
Cela dit, j’étais quand même quasiment sûre que j’avais tapé dans le mille. Ses phrases, trop équivoques mais pas assez, sa façon de réagir, ... Autant d’indices qui me mettaient certainement sur la bonne voie. Alors oui, je lui faisais comprendre que je ne serai pas une épaule pour pleurer et qu’elle ne m’aimerait pas, qu’elle me détesterait. Je voulais voir si elle avait la volonté d’avancer ou pas. C’était important, comme tout le reste, comme l’aplomb que je réclamais.

Je haussais les épaules face au fait qu’elle était persuadée de ne pas être à égalité. On crevait tous, c’était en ça qu’on était égaux. Elle finirait par le comprendre. Le tout après, c’est la force déployée pour survivre.
Ce que je voulais voir surtout, c’était sa réaction. Au final, le fond de la vérité ou du mensonge m’importait très peu. Son attitude parlerait pour elle, mieux que tout ce qu’elle pourrait me dire.

Elle sursauta quand j’attrapais son menton. Mauvais signe même s’il y avait un bon potentiel derrière puisqu’elle s’était reprise même si ses yeux la trahissaient, pire encore avec son recul. Bordel... elle ne comprend même pas ce que je veux lui dire. Gros boulot.
Sa réaction, la chute au sol, j’aurais peut-être pu l’éviter mais avouons le, je n’étais pas encore au top de ma forme. Que croit-elle, que son placage me maintiendra au sol ? Je lui laissais son illusion et l’écoutais. J’eus un sourire en coin et retournais la situation, la plaquant au sol, à mon tour avec une technique toute différente et nettement plus efficace. Elle pourrait se débattre si elle en avait envie mais pas échapper à ma prise. C’était la différence entre nous. J’avais la technique. « Écoute-moi bien ! » Je haussais la voix. « Si tu veux survivre pour quelqu’un ou que tu as besoin de quelqu’un pour survivre, tu vas crever ma belle. Vivre, on le fait pour soi, pas pour les autres. Si tu tiens pas assez à la vie pour vivre pour toi et toi seule avant de vivre pour quelqu’un, t’es foutue. Tu crois quoi ? Ta survie, t’en seras la seule responsable. »
Personne ne pouvait remettre entièrement sa survie dans les mains de quelqu’un d’autres. C’était du suicide. Ça pouvait aider mais si on comptait sur les autres pour défendre notre gueule, ça finissait mal, toujours.

Je maintenais ma prise. « Alors ? Tu tiens à la vie ? Ou bien tout ce que tu veux, c’est un mec pour défendre tes beaux yeux ? » Fais gaffe à ce que tu me réponds... C’est pas parce qu’elle avait vécu quelque chose de similaire que j’allais lui épargner la douleur, la tristesse, la colère et le peine. Je n’aiderai pas un cas désespéré. Si elle n’avait aucune volonté de vivre pour elle, je ne l’aiderai pas.
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Lun 16 Juin - 13:53

    J’étais en train de nouveau de craquer, car oui, je repensais surtout à celui qui m’avait brisée le cœur, complètement détruit par de simple mot. Il ne fallait plus que je compte sur les gens, c’était vrai ce qu’elle me disait, mais je n’avais pas été comme ça. Je ne l’avais jamais été. Pourtant, je ne faisais confiance qu’à moi-même durant mon adolescence, ne pouvant compter sur mon père alcoolique. Je comptais aussi sur une autre personne… toujours la même dans ma tête, toujours le même ici-même. J’avais l’impression que jamais je n’aurais dû me replonger là-dedans, dans ses émotions. Au final, il m’avait juste utilisée pour prendre du bon temps, comme ses gars qui m’avaient prise sans que je ne puisse rien y faire. Je n’avais personne, c’était vrai, et j’avais besoin actuellement de gens pour trouver ma force. Pouvait-il en être autrement ? Je ne savais pas, mais si je demandais l’aide d’Alix, ce n’était pas pour rien. Il y avait quelque chose à faire de moi, je voulais faire quelque chose de moi et éviter de me morfondre. Je voulais, je veux pouvoir me défendre comme bon me semble. Je m’en fichais de comment elle allait faire, elle n’avait pas l’air de mâcher ses mots, mais peut-être était-ce cela qu’il me fallait.

    J’ai réussi à la mettre au sol, mais je me voilais la face à n’en pas douter. C’était brusque de ma part, mais j’avais du mal à encaisser ce qu’elle m‘avait dit, tout simplement parce qu’elle avait l’air d’avoir tout compris. Bordel, mais elle était qui cette femme ? Elle me rentrait dedans, j’étais encore bien trop faible, et c’était pourtant cela que je voulais changer. Je ne voulais pas d’une psy non plus, alors j’espérais qu’elle n’allait pas trop insister, car je n’étais pas du tout prête encore à pouvoir verbaliser ce qu’ils m’avaient fait. Je l’avais fait une seule fois, et je m’étais pris beaucoup en échange… beaucoup trop d’un coup qui m’avait littéralement brisée. Et puis d’un coup, je me retrouvais au sol, nous inversions les rôles, Alix était à présent au-dessus de moi et son regard me transperçait. Je ne bougeais pas même si elle me maintenait, trop surprise sur l’instant et je l’écoutais seulement. J’avais juste arrêtée sur une seule phrase qui n’arrêtait pas de tourner en boucle dans ma tête. Si je ne tenais pas assez à la vie…

    « J’tiens pas assez à la vie ? Tu sais pas par quoi je suis passée ! J’ai voulu me suicider et pourtant je suis toujours là ! J’aurais pu périr de nombreuses fois à Louisville, mais non ! Je sais que je ne veux pas mourir, j’ai toujours résisté ! » Je m’arrêtais un instant alors que j’haletais tellement l’émotion me submergeait. Et là, je commençais à me défendre de sa prise. « Et lâche-moi bordel ! » Je ne supportais pas que l’on me maintienne, c’était quelque chose qui m’était juste insupportable. Un autre choc de mon passé, mon enlèvement. Pourtant elle maintenait sa prise et ses quelques mots atteignirent mes oreilles. J’arrêtais de me débattre pendant un court instant alors que mon regard devint dur tout à coup. « Je ne veux pas d’un homme, et ne me le redemande jamais plus. Qu’est-ce que je t’ai dit ? Si tu m’aides, c’est pour moi que je le fais, putain ! » J’en devenais agressive et vulgaire, un autre moi, le moi combattif. « Lâche-moi maintenant ! » Et de nouveau j’essayais de me défaire de son emprise. J’avais bien envie de lui dire que j’avais pas besoin de sa moral à la con, mais je m’abstenais. Mais si elle persistait à vouloir me faire admettre tout un tas de choses, ça ne marcherait pas entre nous. Je voulais qu’elle m'entraine, et elle voulait savoir si je tenais à la vie. Je le lui avais dit, alors maintenant il fallait vraiment qu’elle s’y mette. Et moi aussi. Que je souffre pour posséder des aptitudes au combat.


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Jeu 26 Juin - 13:33

La patience n’était pas mon fort, du moins, la patience en matière sociale. Je n’avais jamais eu besoin de cohabiter avec des gens dans l’optique que je devais m’entendre avec eux ou du moins, les supporter. J’avais toujours su que ces cohabitations dans le cadre du boulot se terminerait et que la prochaine fois, nous serions peut-être face à face à tenter de nous butter. Ça ne facilite pas la vie en communauté, c’est un fait. Je n’étais pas tendre avec elle en partie pour cette raison mais aussi parce que ça ne lui aurait pas rendu service.
Évidement, je n’avais confiance en personne, ou alors, de manière très relative. Elle, elle avait vécu normalement jusqu’à ce que tout nous explose à la gueule. Je n’avais pas pitié pour eux mais je n’étais pas non plus à me dire que c’était tant pis pour leur gueule. Si je pouvais la redresser un peu et lui mettre du plomb dans le crâne et les muscles, pourquoi pas ? Tant que je ne perdais pas mon temps.

Mes paroles, sa peine, sa colère l’aidèrent à me mettre au sol mais je ne réagis pas de suite. Quand elle me dit que je ne savais pas par quoi elle était passée, j’éclatais de rire. « Mais chérie, je m’en fous ! Tout le monde s’en fiche de ce par quoi tu es passée. Que crois-tu ? Chacun est bien trop occupé à veiller sur son cul et celui de ses proches. Fais-toi une raison. » Malgré sa demande de la lâcher, je la maintenais toujours fermement au sol même si mon épaule protestait et qu’elle se débâtait.
Elle cessa de gesticuler d’un coup pour parler, avec une certaine hargne, je devais le reconnaître. Je souris, satisfaite, sans pour autant la lâcher. Je la bloquais même d’autant plus. Elle ne souffrirait pas que physiquement. Si c’était ce à quoi elle s’attendait, elle rêvait. « Je fais ce qui est nécessaire alors maintenant boucle-la bordel de merde. Si tu te paralyses dès qu’on te coince, tu crèves. Si tu pètes un plomb dès qu’on t’accule, tu crèves aussi. Si tu bloques dès qu’on te touche, toujours pareil. Calme-toi et réfléchis au lieu de t’époumoner comme un cochon qu’on égorge. » Pas de douceur, pas de politesse, pas de gants.
Elle voulait survivre ? Être forte ? D’accord. Je n’étais pas contre mais avoir la technique ou la force ne suffirait jamais. Si on se figeait devant la menace comme un foutu lapin devant les phares d’une bagnole, on méritait de crever. « Tu comprends ce que je te dis ou bien t’es toujours persuadée que ton salut va uniquement venir de ta force et ta technique ? Ce qui tu n’as pas, dans les deux cas. » Et j’enfonçais le clou. Je n’étais pas son amie, elle m’avait demandé de l’aide, je l’aidais. Point.

Quand on m’avait ramassée dans le désert, quand on m’avait remise sur pied, quand on m’avait relevée, on n’avait pas été tendre avec moi non plus. J’étais peut-être une pute de combat avec une morale qui se chiffrait dans le temps au nombre d’avantages et de zéro sur mon compte en banque mais j’étais toujours là.
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Sam 28 Juin - 19:24

    J’entendis ses paroles qui me heurtèrent violemment. Elle avait raison, tout le monde s’en fichait bien royalement de savoir par quoi j’étais passée. Il y avait peut-être même d’autres qui avaient subis pires atrocités. Peut-être même elle qui sait ? Ce n’était pas elle qui allait s’ouvrir à moi, non =, je devrais donc prendre exemple sur elle ? Certainement. Depuis qu’elle était venue à moi, petit à petit, elle me faisait réfléchir, me poussait dans mes retranchements. Elle ne faisait qu’accentuer sur ma souffrance, mon passé, mon vécu depuis qu’avait débuté cette guerre. Tout ça à la fois, même si elle ne s’en rendait peut-être pas compte. Je ne m’imaginais pas quelle puisse comprendre ce qu’il m’était arrivée ; alors qu’en réalité tout me trahissait. Mon regard, mes gestes, mon attitudes… que de choses inconscientes mais pour qui sait les déchiffrer ne sont pas qu’éphémères, elles retranscrivent la vérité pure. Mes souffrances sont réelles, mon mal-être également, comme toutes ses émotions qui me rongent de l’intérieur. A quand me boufferont-elles entièrement ? Alix était là pour ça finalement, je lui avais demandé son aide, même si je me demandais si elle n’avait pas vu ma détresse bien avant cela… lorsque la chair de mes poings s’arrachait sur l’écorce.

    Avais-je bien fait de lui sortir tout ce que j’avais en moi ? A priori non, mais j’avais toujours du mal à gérer mes émotions, quelles qu’elles soient. Trop émotive dans ce monde chaotique et le monde vous engloutissaient, tout comme les gens. Grand point faible… immense même lorsque j’y songeais. Je n’étais peut-être pas faite pour la guerre après tout… presque aussitôt, je me ressaisissais. A nombreuses reprise, je m’étais vue plus combattive que jamais je ne l’aurais cru. Il ne me fallait plus qu’un « maitre » pour m’apprendre tout ce que je ne savais pas, et c’était pas une mince à faire… IL y avait du boulot pour mon cas, je le voyais petit à petit, au fur et à mesure que le voile devant mes yeux se dissipait, ou tout autre chose qui me brouillait l’esprit et la vue.
    Je ne répondais pas à ses premières paroles qui me faisaient cogiter intérieurement, tout comme celles qui suivirent alors que je m’étais calmée, arrêtant d’essayer de me libérer de sa prise. Je savais à quel point je n’aimais pas être retenue de la sorte. Lointain passé, lointain traumatisme mais encore tellement présent en moi. Et dire que j’en avais eu un autre qui m’avait également pris quelque chose. Après mes poumons, c’était tout mon être qui avait été torturé, balayé d’un simple geste de leur part… de sa part. J’haletais, elle avait raison, beaucoup de choses me paralysaient et la peur est constante en moi, toujours présente même lorsque l’on pense l’avoir trompée. Je repris la parole mais d’un ton plus calme cette fois-ci.

    « Apprends-moi alors. Je m’efforçais jusque-là d’y parvenir seule, mais je ne fais que m’enfoncer un peu plus, me perdre… »

    Voilà la dure vérité. A force de m’isoler, de penser que ça passera, que ça ira, c’est encore bien pire finalement. Je ne m’étais peut-être pas trompée en lui demandant de l’aide. C’était peut-être bien au-delà de mes forces, mais j’essayerais de tout faire pour y parvenir. Pour parvenir à me sauver moi-même, à me défendre sans l’aide de personne. A attaquer également, mais pas impulsivement, de manière réfléchie pour pouvoir me frayer un chemin vers l’objectif que je me fixais… ou la cible. Je voulais apprendre tout ça. Je n’étais que plus sincère lorsque je lui avais demandé de m’apprendre.

    « Je comprends. » ajoutai-je avec un ton d’irritation léger. « Ce n’est pas pour rien que je t’ai demandé de m’aider ; mais tu as bien dû le voir par toi-même… Ya du boulot, je suis presque irrécupérable… dans un point de non-retour… » Je stoppais mes paroles. C’était vrai, je partirais rapidement en live si elle ne me redressait pas, alors j’étais plus que jamais motivée, que voulait-elle de plus ? Je soupirais, avant de la regarder dans les yeux. « Ecoute. Regarde dans mes yeux et tu verras tout ce que tu dois savoir, au-delà de ma souffrance, au-delà de tout, tu dois bien voir ma détermination à travers tout ça. »

    La balle était dans son camp, mais je n’espérais pas qu’elle me tourne le dos.


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Jeu 3 Juil - 14:57

Si elle s’était attendue à ce que je la tienne par la main, c’était clairement raté. J’avais bien vu son regard quand je lui avais répondu que je n’en avais rien à foutre. Elle ne s’y attendait pas... elle en attendait encore des autres, contrairement à moi. Je n’attendais rien de personne. Je n’avais pas survécu grâce à quelqu’un mais bien grâce à moi.

Je la laissais réfléchir à ce qu’impliquaient mes paroles pour elle. Trouverait-elle le bon chemin ? Arriverait-elle à comprendre qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même sans devoir attendre quelque chose des autres en retour ? Je l’espérais. Je ne pouvais pas lui faire prendre conscience si elle ne le voulait pas.
Je savais que chacune de mes paroles étaient dures, que ce n’étaient pas ce que les gens voulaient entendre, que l’on ne s’attendait pas à ce genre de choses de la part d’une femme. Sans doute préférait-on nous voir docile et aimante ? Probablement. Mais ce n’était pas une satisfaction que je donnerais. Jamais, à aucun homme.

Pendant l’attente qu’elle m’obligeait à endurer, le temps qu’elle se décide à reprendre la parole, je réfléchissais. Je réfléchissais à ce qu’impliquait le fait de la rendre plus solide, plus débrouillarde, de l’obliger à écraser ses peurs. Et enfin, elle parla. « Bien. Mais il va falloir que tu déterres toute la merde que tu as enfouie. Sans ça, j’peux rien pour toi. Affronte tout ce qui te fait peur, revis-le si besoin. Je me fous de la façon dont tu le fais tant que tu le fais. Ne pas oublier, c’est la clef pour avancer. » Il fallait qu’elle s’en serve et avec le temps, elle vivrait avec sans que ça n’alourdisse ses épaules.
Je me relevais pour la laisser en faire autant. Hors de question que je le fasse. Pas d’aide là-dessus. Je ne répondis évidement pas immédiatement à tout ce qu’elle avait dit. Le temps de la laisser digérer un peu. Pas même quand elle parla d’elle comme quelqu’un d’irrécupérable. Bordel, y avait un sacré boulot.

Je retirais la terre et la neige de mes fringues avant de la regarder. « Qui t’as dit que j’allais te rendre récupérable. Tu crois qu’on m’a récupéré ? Foutaise. T’as pas besoin de revenir de ta merde pour t’en sortir. Tu finiras par te venger à ta façon, comme tout le monde. Le monde dans lequel on vit nous fera pas de cadeau, pas la peine d’en faire. »

J’allais m’asseoir sur un tronc mort après l’avoir débarrasser de sa neige et là encore, sans tortiller, je lui demandais ce qui m’intéressait. « Raconte ton histoire maintenant. Et calmement. J’ai pas envie d’entendre gueuler encore. Avoir Raulne qui me vrille les oreilles me suffit amplement. J’me fous de la façon dont tu veux me raconter ça. Commence par le début, la fin, le milieu, j’men cogne. Mais ça, faut que ça sorte. Tu peux traîner ton histoire derrière toi mais j’ai besoin de savoir pour réparer les dégâts et t’endurcir. Sois vulgaire si ça peut t’aider. Bref, raconte. »
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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Dim 20 Juil - 17:07

    J'étais encore dans un état de semi-dépression, à attendre peut-être qu'une main bienveillante me vienne en aide. Attendre encore que quelqu'un s'occupe de moi comme il faut, mais paradoxalement je m'isolais de plus en plus. Je savais que je ne devais pas compter sur les autres, mais ce n'était pas dans ma nature, je n'y arrivais pas. En tout cas, je n'y arriverais pas toute seule, il me fallait de l'aide. Une aide de quelqu'un qui avait déjà traversé ce que j'avais traversé, seulement j'ignorais encore que la femme devant moi s'y connaissait bien plus que je ne l'aurais pensé. Elle savait ce que cela pouvait faire à l'intérieur, ce que notre corps éprouvait et toute la souffrance, la honte et la culpabilité qu'il pouvait y avoir. tout ça accumulé depuis un certain temps, ça me dévorait. Je me voyais déjà un avenir morbide, me laisser mordre par cette neige jusqu'à m'endormir paisiblement dans ce froid glacial, sans aucun retour possible. Je me voyais déjà baisser les bras devant un combat si jamais une expédition tournait mal. Mais je savais qu'au fond j'étais combative, car jamais je ne m'étais assis dans un coin lors d'un combat, jamais je n'avais fait qu'attendre, bien au contraire. C'était aussi pour ces raisons que j'étais encore là, bien vivante dans ce camp que nous avions trouvé. IL me fallait changer, je le savais pertinemment, mais c'était tellement dur. J'étais tellement émotive...

    J'entendis ses mots, je réfléchissais. Mon cerveau fusait pour être plus exact. Je le faisais déjà en quelque sorte. Ce que j'avais fait sur l'arbre c'était pour exprimer tout ce que je pouvais ressentir, et ça passait forcément par les souvenirs douloureux que j'avais enfoui en moi. Seulement je les laissais sortir que de temps en temps, quand je n'en pouvais plus. Comment faire pour accepter cette douleur profonde sans arrêt ? J'avais du mal à la croire, du mal à croire que c'était la seule clef pour avancer... ne pas oublier. Dans tous les cas, je pense que jamais aucunes femmes n'oublieraient un viol. C'est comme si on amputait un membre à une personne, et encore, la métaphore n'était pas assez exacte.

    « Je la déterre, de temps en temps, mais à défaut de pouvoir la supporter je me prends toujours un punching-ball... comme tu as pu le voir. »

    Mon regard balaya quelques secondes l'arbre qui avait été ma cible avant de me concentrer de nouveau sur Alix. J'étais un peu plus calme, mais je ne doutais pas qu'elle puisse de nouveau faire resurgir le pire en moi, les souvenirs douloureux que je ne voulais pas forcément revivre, tout comme toute cette colère et cette haine que j'avais accumulé. En même temps, je ne pouvais pas la repousser, c'était la seule qui essayait de m'aider. Et lorsqu'elle enchaînait sur ce que j'avais dit, soudainement, je compris. En tout cas, je ne pouvais que supposer. Mais ça avait été plutôt clair non ? Elle parlait d'elle, qu'on ne l'avait pas récupéré, alors pouvait-elle assurément me comprendre dans ce cas ? Absolument. Et là, j'avais presque honte d'être aussi misérable, d'être aussi faible et de ne pas savoir comment faire pour m'en sortir. Elle l'avait fait seule. J'avais presque de l'admiration pour elle, je la voyais plus courageuse que jamais à présent.
    Je restais un moment muette, alors qu'elle enchaînait de nouveau. Ma surprise se lisait sur mon visage et j'étais sans voix, ne sachant que dire ni quoi faire. Je devais me taire c'est tout. Nous étions semblable, avions vécue la même chose, peut-être que son souvenir était pire que le mien qui sait ? Alors quand elle me demandait de tout lui raconter, je ne savais plus si je le pouvais. Que me dirait-elle ? Ferait-elle la comparaison avec son expérience ? Me verrait-elle encore plus minable en lui racontant ce que j'avais vécue ? Je restais un instant silencieuse, laissant la nature maître de ce silence, tout comme le vent qui me fit frissonner avant d'enfin me décider. Bizarrement, j'étais plus calme, aller savoir, peut-être que le fait de savoir un peu qu'elle me comprenait certainement me rassurais dans un sens.
    Je partis d'un soupire, d'une réflexion avant de me lancer.

    « Je pense que tu sais l'essentiel... » Je commençais peut-être mal, mais il fallait que je tourne un peu en rond avant d'aller dans le vif du sujet. Y serais-je capable ? Il ne fallait pas que je réfléchisse... je devais avoir son aide, alors revivre un petit peu pour qu'après je puisse me former une carapace dur comme fer, ce n'était rien finalement. « J'ai été défigurée pratiquement, je ressens encore les douleurs des hématomes, mais ce n'est rien comparé à la douleur interne qu'ils m'ont laissés. Ils s'en sont donnés à coeur joie... plus je me débattais, plus il avait de vigueur. Je ne pouvais rien faire, impuissante face à eux. Ils m'ont laissé pour morte... et j'aurais bien voulu... »

    J'avais abrégé la situation, car je pourrais lui faire une description mille fois plus longue que celle que je lui avais fait, mais voilà, elle devait savoir l'essentiel et c'était dit. Je sentis ma gorge se serrer, les larmes me monter mais la rage était plus forte. Je devais me servir d'elle, non ?

    « Mais tu dois savoir tout ça... » Je plongeais mon regard dans le sien, souhaitant y trouver la réponse que je désirais. Je pensais fort bien me prendre un retour de sa part. Je ne voulais pas qu'elle me fausse compagnie. Pas maintenant, alors que je lui avais presque tout dit. Je me souvenais parfaitement bien de la dernière fois que j'avais divulguée ma souffrance, et cette personne m'avait bien brisée en retour.


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MessageSujet: Re: Même l'écorce dure et saillante ne m'atteint pas.   Aujourd'hui à 6:03



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